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De : Maël Galisson
Ouest-France (site web)
monde, lundi 21 septembre 2026
*Des dizaines de migrants entassés sur une embarcation de fortune pendant
des heures au large du Calvados*
Benoît Lascoux
*L’alerte a été donnée vers 9 h 45, ce lundi 21 septembre 2026. Environ
cinquante migrants sont parvenus à monter à bord d’une embarcation de
fortune à Port-en-Bessin (Calvados) avant de prendre la mer. Ils ont longé
le littoral durant toute la journée jusque sur la Côte Fleurie, où onze
autres personnes ont à leur tour embarqué dans ce semi-rigide surchargé.
Les exilés ont été escortés par des navires de la SNSM durant ce périple
visant probablement à rejoindre les côtes anglaises.*
La scène déconcertante qui s’est jouée sur le littoral du Calvados, ce
lundi 21 septembre 2026, n’est certainement pas le fruit du hasard. Plus
probablement la confirmation que les tentatives de traversées de la Manche
par les exilés depuis le territoire français ont, ces derniers temps,
tendance à ne plus respecter les schémas attendus.
Les modes opératoires changent. Quitte à multiplier le trajet en mer par
deux, trois ou quatre, et à augmenter très sérieusement la prise de risque.
Un des objectifs : éviter les lieux de rassemblements migratoires très
surveillés, à l’image de Calais, et d’être empêchés de monter à bord d’une
embarcation de fortune mise à disposition par des passeurs.
À bord d’un bateau « totalement obsolète »
Ce lundi, l’alerte a été donnée vers 9 h 45. Environ 50 personnes, des
hommes et une femme selon nos informations, sont alors signalées comme
ayant embarqué à bord d’un bateau semi-rigide d’environ 12 m, à
Port-en-Bessin.
Ces migrants, dont nous ignorons la ou les nationalités, ont pris la mer
sur un bateau doté d’un petit moteur et « totalement obsolète », précise
une source proche du dossier.
Un vaste dispositif de secours, coordonné par le Cross Jobourg, est mis en
place. Trois navires de la SNSM sont mobilisés. Tout comme le remorqueur
d’intervention d’assistance et de sauvetage L’Abeille Liberté. Mission des
quatre navires qui forment une sorte d’escorte rapprochée tout en restant à
bonne distance : assurer une surveillance des passagers et leur porter
assistance en cas de nécessité. Pour des raisons de sécurité, aucune
interception n’est envisagée. Dans ce genre de situation, c’est l’intégrité
humaine qui prime.
Un long et lent périple se met alors en branle. Le « convoi » progresse
timidement à une vitesse de 2 nœuds (3,7 km/h) jamais à plus de 2 milles
(environ 3 km) du littoral calvadosien. Arromanches, Courseulles-sur-Mer
qui sera survolée par un hélicoptère de la Marine nationale,
Bernières-sur-Mer…
Sur terre, l’avancement du cortège des navires est étroitement surveillé
par des gendarmes, jumelles sur les yeux. Vers 15 h 30, les bateaux sont
visibles au large de Luc-sur-Mer. Ils semblent soudainement prendre le
large pour mettre le cap sur Le Havre.
En mode taxi
S’agissait-il d’une manœuvre de diversion ? Le convoi fait demi-tour. Cap
sur Merville-Franceville. L’embarcation de fortune, déjà surchargée, se met
en mode taxi. Elle se rapproche de la plage.
Vers 18 h, onze personnes supplémentaires parviennent à monter à bord avant
que le semi-rigide reprenne le large… sans que les gendarmes n’aient pu
intervenir.
Ces dernières semaines, les exemples similaires se multiplient en
Normandie. Dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre 2026, 140
migrants entassés sur une embarcation pneumatique de 14 m de long sont
partis depuis les côtes de la Manche, probablement d’Utah Beach, pour
rejoindre le Royaume-Uni. Une zone de départ très inhabituelle.
La pression se fait également plus grande en Seine-Maritime. Au 15
septembre, 56 tentatives de départs ont été recensées par la préfecture,
contre 31 pour toute l’année 2025. De nouvelles routes migratoires semblent
se dessiner. Certains départs s’effectuent désormais en descendant sur la
côte, vers Le Havre.