Fwd: [Jungles] Utopia 56 : « C’est la politique globale à la frontière qui tue » [Politis, 1.09.2026]

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-9-3 11:53

———- Forwarded message ———

https://www.politis.fr/articles/2026/09/entretien-utopia-56-cest-la-politique-globale-a-la-frontiere-qui-tue/

Utopia 56 : « C’est la politique globale à la frontière qui tue »

*En novembre 2021, le naufrage d’une embarcation dans la Manche tuait 31

personnes migrantes. Mardi 8 septembre s’ouvre le procès de 14 passeurs.

Les militaires mis en examen pour non-assistance à personne en danger font

l’objet d’une procédure distincte. Raphaëlle, d’Utopia 56 invite à se

questionner sur « le régime des frontières ».*

Pauline Migevant https://www.politis.fr/auteurs/pauline-migevant/ • 1

septembre 2026 abonné·es

Article paru

[image: Utopia 56 : « C’est la politique globale à la frontière qui tue »]

Un 4x4 de la police française, sur la plage de Gravelines, en décembre 2025.

© Maxime Sirvins

En décembre 2021, l’association Utopia 56

https://utopia56.org/?gad_source=1&gad_campaignid=21050759967&gbraid=0AAAAA9XzKCp84od-wFtz_99qELfrUD9T1&gclid=Cj0KCQjw79nUBhCgARIsADSHka2sxcV3dP92vdoYlJqsZo8EZb7Ulc9zf6XlHq2fVgUJJpmFmtoW_I4aArvdEALw_wcB

portait plainte pour « homicide volontaire » et « omission de porter

secours » après le naufrage où 31 personnes sont mortes noyées alors que

les personnes exilées présentes sur l’embarcation avaient prévenu les

secours français, lesquels n’ont pas agi, comme l’avait révélé le

témoignage de deux survivants. Depuis, 7 militaires ont été mis en examen

pour non-assistance en personne en danger. Depuis 2018, 337 personnes sont

décédées à la frontière franco-britannique, en majorité lors des traversées

en bateau.

Les photos de Maxime Sirvins utilisées pour cet entretien ont initialement

été publiées dans un reportage, avec Pauline Migevant, sur le site de

Politis

https://www.politis.fr/articles/2025/12/reportage-a-la-frontiere-franco-britannique-la-parade-de-lextreme-droite-entre-associations-inquietes-et-forces-de-lordre-passives/

le 6 décembre 2025.

*Du point de vue des associations qui travaillent à la frontière

franco-britannique, comment percevez-vous l’ouverture du procès consécutif

au naufrage d’une embarcation de migrants dans la Manche, le 24 novembre

2021, qui a causé la mort de 31 personnes ?*

Raphaëlle, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Grande-Synthe : Il

s’est passé cinq ans depuis ce naufrage : c’est très long. Même si

Utopia 56 n’est pas touchée directement, la justice ayant considéré que

l’association n’avait pas subi de préjudice direct, il était important pour

nous de soutenir les familles qui se battent pour connaître la vérité sur

cette nuit-là. Elles veulent savoir quelles actions ou inactions ont

conduit à ce naufrage. Et pour ces familles en deuil, cinq ans, c’est

interminable.

Il est fondamental de se questionner sur le système de gestion

ultra-répressif des frontières.

Cinq ans de doutes sur les événements, cinq ans de manœuvres politiques des

pouvoirs publics qui ont fait sortir les militaires du procès. Et, bien que

la justice ne traite que des responsabilités individuelles, je pense qu’il

est fondamental de se questionner sur le système de gestion ultra-répressif

des frontières. En 2021, il n’y avait aucun moyen accordé au Centre

régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) ou aux

secours en mer.

*Le procès ne concerne que les personnes désignées comme « les passeurs »,

tandis que les militaires poursuivis pour non-assistance à personne en

danger font l’objet d’une procédure distincte. Que pensez-vous de cette

séparation ?*

Il aurait été utile que ces militaires fassent partie de la même procédure.

Il ne faut pas oublier que ces naufrages sont le résultat de politiques

publiques forçant des individus à tenter ces voyages, et d’autres à tenter

de les sauver. Or, dans ces procès, il est toujours difficile de faire

émerger cette lecture systémique. Il est très injuste de juger des parties

prenantes d’une même situation dans deux procédures disjointes. Elles

devraient être jugées ensemble.

L’État a consacré beaucoup d’énergie à extraire les militaires de ce

procès. Cette stratégie soulève beaucoup de questions. Sur la plainte au

pénal, le ministre des Armées semble avoir tout fait pour gagner du temps

et détruire le dossier. Et, en même temps, il accable une opératrice du

Cross qui est une ancienne personne fichée S pour « islamisme radical ».

C’est, comme bien souvent, le bouc émissaire idéal pour l’État.

Les moyens restent sous-dimensionnés au regard des investissements engagés

pour réprimer les départs sur le littoral.

D’autres procédures relatives à ce naufrage sont en cours. Il y a une

plainte administrative depuis février 2023, dans laquelle les familles

demandent des réparations financières. Et il y a la procédure britannique,

la Cranston Inquiry, qui examine l’existence de dysfonctionnements

systémiques avec un rapport et des recommandations. C’est un format qui

ressemble aux commissions d’enquête parlementaire en France. D’ailleurs, le

gouvernement français a refusé d’y être auditionné. Une décision qui

souligne bien le manque de volonté côté français.

*Depuis novembre 2021, comment les moyens ont-ils évolué ? Des mesures

ont-elles été prises pour qu’un tel drame ne se reproduise pas ?*

Depuis ce naufrage, il y a plus de moyens et une nouvelle collaboration

avec les secours britanniques, une envie de se coordonner davantage. Mais

ces moyens restent sous-dimensionnés au regard des investissements engagés

pour réprimer les départs sur le littoral. Dans le cadre de la commission

d’enquête parlementaire sur les accords du Touquet, qui a eu lieu cette

année, le préfet maritime a expliqué lors d’une audition que 1 % des fonds

Sandhurst *[provenant de l’accord signé le 18 janvier 2018 entre la France

et le Royaume-Uni, NDLR]* est alloué aux moyens de secours et 99 % à la

répression. Aujourd’hui, il y a au minimum deux bateaux mis à disposition

pour la mission Search and Rescue. Et en moyenne, entre six et dix bateaux

de l’État peuvent être disponibles en Manche et en mer du Nord.

Ces moyens sont-ils les plus adaptés ? C’est une vraie question. Il y a

beaucoup de bas-fonds dans les zones de départ, des espaces inaccessibles

aux grands bateaux de secours. En 2024, au moins 75 personnes sont décédées

en mer. C’est l’année où il y a eu le plus de morts. Même si des moyens

sont alloués pour éviter les gros naufrages – on l’a encore vu en août avec

le secours de 160 personnes –, cela n’empêche pas que des personnes meurent

en mer à cause des politiques de répression. À Utopia, on dispose d’un

numéro constamment disponible pour les personnes en détresse en mer.

Depuis 2021, on a la possibilité d’alerter les autorités françaises et

britanniques quand on nous contacte.

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_6-1024x683.jpg

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_7-1024x683.jpgDes

coordinatrices d’Utopia 56 observent la plage de Gravelines, en décembre

  1. (Photos : Maxime Sirvins.)

Quand vous alertez, obtenez-vous une réponse ?

Lorsque des personnes sont en détresse en mer et qu’elles nous alertent,

elles sont soit en eaux françaises, soit en eaux anglaises. Quand elles

sont en France, on appelle le Cross directement, puis on double la demande

par un mail. C’est une trace écrite qui rassemble toutes les informations

et facilite la compréhension de la situation. Du côté britannique, on a

accès à un numéro pour contacter directement le MRCC. Cette année, les

choses ont un peu changé. Les secours en mer sont déjà au courant de la

présence de personnes en détresse. C’est lié à la présence de nouveaux

bateaux, mais aussi au fait que les policiers et les secours ont peut-être

été formés. Par le passé, quand on échangeait avec des policiers, beaucoup

d’entre eux ne savaient pas quoi faire quand il y avait un départ.

Depuis 2021, et même avant, les personnes s’adaptent à la surprésence

policière en changeant d’endroit de départ.

*Au-delà des naufrages, à quels risques sont exposées les personnes qui

partent en mer ?*

Depuis 2021, et même avant, les personnes s’adaptent à la surprésence

policière en changeant d’endroit de départ. C’était le cas avec les camions

mais ça l’est aussi avec les bateaux. La répression n’a cessé de se

renforcer de Dunkerque à Calais, aussi les personnes ont-elles été

contraintes de partir de Boulogne-sur-Mer. Les départs se font donc

toujours plus loin des eaux britanniques. Le 28 juillet, il y a eu un

départ de Fécamp (Seine-Maritime). Cela multiplie la distance par cinq,

avec du matériel nautique adapté pour une trentaine de kilomètres.

Aujourd’hui, ces embarcations parcourent plus de 120 kilomètres. Les

risques d’avarie du moteur sont décuplés, comme ceux liés à la

déshydratation l’été ou à l’hypothermie l’hiver.

La deuxième contrainte, c’est l’effort entrepris par la France et le

Royaume-Uni pour casser les chaînes d’approvisionnement du matériel

nautique à la frontière. Il y a de moins en moins d’embarcations

disponibles. Les personnes sont donc amenées à être toujours plus

nombreuses sur le même bateau. En 2021, 27 personnes en moyenne étaient à

bord. En 2022, c’était environ 43. L’année suivante, 48. Cette année, c’est

près de 70 personnes. En août dernier, un bateau est arrivé en eaux

anglaises avec 168 personnes à son bord.

La société civile doit savoir que des milliards d’euros d’argent public

sont dépensés pour réprimer des personnes dans le nord de la France.

La forte présence policière crée de l’angoisse en raison de l’utilisation

quasi systématique de gaz lacrymogène. Une fois à bord, les personnes sont

confrontées à deux risques majeurs : l’asphyxie, due au nombre de personnes

embarquées, et la séparation avec d’autres membres de la famille. Depuis le

début de l’année, nous avons été informés de douze cas de séparation

familiale. Cela mène à des situations où des parents ont pu partir mais où

les enfants sont restés sur la plage.

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_25-1024x683.jpgUn

zodiac et ses restes.

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_27-1024x683.jpgPrès

d’un zodiac, dont le départ a été empêché par la police la nuit, il reste

des habits et duvets appartenant aux personnes exilées. À Gravelines, en

décembre 2025. (Photos : Maxime Sirvins.)

*Comment percevez-vous le rapport de la commission d’enquête sur les

accords du Touquet

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/publication-du-rapport-de-la-commission-d-enquete-relative-aux-consequences-des-accords-du-touquet-sur-l-action-publique-et-le-respect-des-libertesrendu

public cet été ?*

D’un point de vue associatif, il était important que cette commission ait

lieu, parce que sa mise en place signifie bien qu’il y a des problèmes

graves. Que l’État se penche sur ces dysfonctionnements et prenne le temps

d’auditionner les parties prenantes était important. Aussi, la commission

d’enquête nous a permis d’en savoir plus sur les moyens associés au secours

et à la répression. C’est précieux pour nous, mais ça l’est aussi pour la

société civile, qui doit savoir que des milliards d’euros d’argent public

sont dépensés pour réprimer des personnes dans le nord de la France, sans

aucune réflexion sur les conditions d’accueil ou sur la liberté de

circulation des personnes.

On s’est aussi rendu compte qu’il y avait une facilité de l’État à renvoyer

la balle quand il s’agit de désigner des responsables. C’est ce qu’on

observe quand on examine les procédures liées au naufrage de 2021. En

réalité, individuellement, les agents de l’État n’y sont pour rien : c’est

la politique globale à la frontière qui tue. L’État français a demandé le

renfort de Frontex

https://www.politis.fr/articles/2022/07/frontex-une-troupe-de-choc-en-roue-libre-44634/

– par

des bateaux et par des hommes sur terre –, ce qui est inquiétant lorsque

l’on connaît le passé de cette agence. Pour rappel, l’ancien directeur de

Frontex, Fabrice Leggeri

https://www.politis.fr/articles/2024/02/le-rn-enrole-lex-directeur-de-frontex-leggeri/,

siège aujourd’hui au Parlement européen pour le Rassemblement national.

La répression n’empêche pas les personnes de traverser, elle ne fait

qu’aggraver la situation

La commission d’enquête a aussi permis à d’autres voix liées au secours de

s’exprimer, comme la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM

https://don.snsm.org/soutenir-ete?&utm_campaign=26WEB_ETE&utm_medium=cpc&utm_source=google-ads&utm_content=motscles-marque&gad_source=1&gad_campaignid=23936062699&gbraid=0AAAAADkaCtHVbsUqI9GU0wBySQHhxuK-X&gclid=Cj0KCQjw79nUBhCgARIsADSHka0-KVuNXV_ecXljLzmXrt1QhmJYCE8UwecdYWNYtHk2DDCh4Ox2gqoaAu60EALw_wcB).

Les associations qui soutiennent les personnes bloquées à la frontière ont

pu avoir le même temps de parole que le ministère de l’Intérieur : cet

espace d’expression était très important. Le rapport qui en est sorti est

très précieux pour notre plaidoyer sur la liberté de circulation.

*En réaction au naufrage de 2021, Emmanuel Macron avait demandé le

renforcement de Frontex et promis de* « retrouver et condamner » *les

responsables du drame, à savoir les passeurs. Comment aviez-vous reçu ces

annonces ?*

Depuis 2021, au moins 140 personnes sont décédées en mer et c’est toujours

la même réponse politique : « On va retrouver les passeurs et augmenter les

moyens répressifs. » Mais la répression n’empêche pas les personnes de

traverser, elle ne fait qu’aggraver la situation. Toutes les semaines, les

campements sont démantelés et expulsés. Cette politique précarise fortement

les personnes. Il y a de plus en plus de personnes enfermées dans des

centres de rétention administrative ou renvoyés dans d’autres pays avec

l’accord « One in, One out ». La répression s’attaque aux droits des

personnes mais aussi à leur liberté fondamentale : c’est très peu

visibilisé.

À Dunkerque, il y aura un nouveau centre de rétention administrative d’ici

à la fin de l’année. Pour Frontex, des moyens à terre se sont ajoutés aux

moyens aériens déjà existants. Depuis plusieurs semaines, une voiture

polonaise de Frontex circule dans Dunkerque, probablement pour faire du

repérage. Si on veut éviter que les personnes meurent en mer, il faut

simplement leur permettre de traverser. En ouvrant les voies, mais aussi en

garantissant la liberté de chaque individu. Dans ce cadre-là, on évite aux

personnes de prendre des risques et de devoir s’organiser par elles-mêmes

pour trouver ces solutions.

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_15-1024x683.jpgDes

intimidations de l’extrême droite : des croix gammées taguées sur des cuves

d’eau distribuées par le Calais food collective.

[image: Reportage Gravelines migrants extrême droite small boats]

https://www.politis.fr/wp-content/uploads/2025/12/SIRVINS_CALAIS_13-1024x683.jpgDes

bateaux de la gendarmerie maritime, qui feraient partie du nouveau

dispositif d’interception des small boats en mer, à Gravelines, en décembre

  1. (Photos : Maxime Sirvins.)

*Utopia 56 est souvent accusé par l’extrême droite et les responsables

politiques en général de faire « le jeu des passeurs ». Quel regard

portez-vous sur ces passeurs ?*

C’est sur la notion de frontière qu’il faut s’interroger.

Si on veut trouver des solutions qui faciliteraient les traversées, c’est

bien plus le régime général des frontières qu’il faut remettre en question

que l’action supposée d’Utopia. C’est sur la notion de frontière

https://www.politis.fr/dossiers/aux-frontieres-la-france-inhumaine/ qu’il

faut s’interroger. De même, lorsqu’il y a un naufrage en mer, l’État pointe

du doigt des associations dont on suppose qu’elles font partie d’un réseau.

L’extrême droite joue sur les mêmes dynamiques. De notre côté, nous avons

très peu d’informations sur la manière dont ces traversées s’organisent.

Déjà, parce qu’on ne souhaite pas en avoir, mais aussi parce que

l’association n’intervient que lorsque les personnes sont en détresse.

Que souhaitez-vous ajouter ?

La droite et l’extrême droite doivent être combattues pour la dignité

humaine et le respect des droits humains.

Il est important de parler de la menace de la droite et de l’extrême

droite. C’est un vrai danger pour les sociétés, les personnes stigmatisées

et marginalisées, ainsi que celles bloquées à la frontière. Depuis 2025, il

y a la venue répétée de mouvements fascistes britanniques

https://www.politis.fr/articles/2025/12/reportage-a-la-frontiere-franco-britannique-la-parade-de-lextreme-droite-entre-associations-inquietes-et-forces-de-lordre-passives/

– avec

Ukip [parti d’extrême droite britannique], Raise the Colours [« Hissez les

drapeaux », mouvement d’extrême droite britannique] et des personnes

déclarées comme « journalistes » et qui font, en réalité, une propagande de

l’extrême droite autour de la situation. C’est une nouvelle illustration de

la montée du fascisme en Europe, et on doit l’avoir en tête en prévision de

2027.

La droite et l’extrême droite doivent être combattues pour la dignité

humaine et le respect des droits humains. Sur le papier, le gouvernement

britannique semble être un gouvernement de gauche. Mais, sur les questions

liées à l’immigration, il applique des politiques de droite, voire

d’extrême droite

https://www.politis.fr/articles/2026/06/entretien-thierry-labica-mal-elu-keir-starmer-na-fait-quune-politique-de-droite-agressive/,

afin de plaire à son électorat. C’est très dangereux. On parle d’êtres

humains, de vies humaines et de morts qui pourraient être évitées. C’est

pour survivre que les personnes tentent de traverser. S’il y avait d’autres

possibilités pour elles, elles les choisiraient. Et si ces solutions

existaient, les 140 personnes mortes depuis 2021 seraient encore en vie,

tout comme celles qui sont décédées dans le naufrage de 2021.