De : Shoshana FINE via Discussion shoshana.fine@sciencespo.fr
1.
Bonjour à toutes et à tous,
Je me permets de partager avec vous quelques informations sur la
parution de notre ouvrage, coécrit avec Thomas Lindemann, *La violence
au nom de la loi,* aux Presses de Sciences Po, qui pourrait intéresser
certain·es d’entre vous. Dans cet ouvrage, nous analysons la manière dont
les responsables politiques français mobilisent le droit pour justifier
leur irresponsabilité face notamment aux morts de migrants dans la Manche.
Vous trouverez le sommaire ainsi que les informations relatives à
l’ouvrage sur le site de l’éditeur :
https://www.pressesdesciencespo.fr/fr/book/?gcoi=27246100735360
Voici la quatrième de couverture :
S’il est bien documenté que les régimes autoritaires légitiment souvent
l’exclusion, voire l’usage arbitraire de la force, par des appels au droit,
à l’ordre et à l’autorité, il semble plus provocateur d’imaginer que l’État
démocratique libéral recourt lui aussi au droit pour justifier, et parfois
dissimuler, la violence. Nourris par la pensée de Walter Benjamin et
s’inscrivant dans la tradition critique de l’École de Francfort, Shoshana
Fine et Thomas Lindemann ont enquêté pour comprendre comment le droit peut
être mobilisé non pas pour protéger les populations, mais pour les exposer
à la violence. À partir, notamment, de l’analyse des discours officiels
français sur les migrants tentant de traverser la Manche ou sur
l’intervention militaire française en Libye de 2011, ils montrent que le
cadrage d’un événement à travers le prisme de la loi permet de le rendre
abstrait, de faire disparaître la complexité irréductible de l’expérience
vécue, de la réduire à une catégorie généralisable. C’est ainsi que la
guerre s’inscrit dans un ordre juridique nécessaire et qu’au nom du droit,
des noyades dans la Manche sont présentées comme la conséquence inexorable
de traversées non autorisées.
Bien à vous,
Shoshana Fine