Fwd: [Jungles] Remigration Summit : l’extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir l’expulsion de masse des immigrés [Basta, 29.05.2026]

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-5-30 10:32

*(commentaire: si qq1 écrit encore “montée” de l’extrême droite, hein,

….)*

https://basta.media/Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres

Démocratie https://basta.media/Democratie –Droites extrêmes

https://basta.media/extremes-droites

Remigration Summit : l’extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir

l’expulsion de masse des immigrés

*La seconde édition du « Remigration Summit », un évènement identitaire

organisé par d’ex-néonazis, a lieu ce 30 mai à Porto. De nombreux partis

politiques européens y prônent la déportation des immigrés dans leur pays

d’origine. *

par Maël Soto https://basta.media/mael-soto

Lire plus tard

https://basta.media/spip.php?page=login&url=Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres?var_fav=article-10527

A gauche, Hilaire Bouyé, membre de Reconquête, et Jean-Yves Le Gallou,

ancien membre du FN/RN. A droite, des militants d’un groupe néonazi suisse.

Tous participent au Remigration Summit. Illustration Basta!

« Save Our Nation ! Re-mi-gra-tion ! », scande l’assemblée, reprenant le

slogan lancé par Dries Van Langenhove. L’ex-député du parti d’extrême

droite belge Vlaams Belang, condamné cette année à un an de prison avec

sursis pour racisme, négationnisme et vente d’armes, expose son plan en

trois étapes pour la « remigration » : expulsion des immigrés sans papiers,

retour forcé des immigrés régularisés délinquants, et « incitation » au

départ pour les citoyens naturalisés considérés comme *« hostiles à

l’Europe »*.

La scène se déroulait devant 400 personnes dans un théâtre de la banlieue

de Milan (Italie), lors de la première édition du Remigration Summit, le

17 mai 2025. Un an plus tard, ce samedi 30 mai 2026, se tient la seconde

édition de ce sommet à Porto, au Portugal. Les organisateurs de l’évènement

se définissent comme une « ONG identitaire de lobby pour la remigration ».

Les conférences d’identitaires et d’ex-néonazis venus de toute l’Europe

vont s’enchaîner tout au long de la journée.

Leur objectif ? Imaginer des politiques d’expulsion forcées qui visent les

immigrés sans papiers, quelle que soit la raison pour laquelle ils ne sont

pas encore régularisés, mais aussi les personnes d’origine étrangère

naturalisées ou « descendants d’immigrés non assimilés ». *« Ils ne

peuvent pas parler de déportation, qui convoque des univers de

représentation rarement positifs. Ils parlent donc de remigration »*,

explique à Basta! Marion Jacquet-Vaillant, maîtresse de conférences en

science politique à l’université Paris-Panthéon-Assas, et spécialiste de

l’extrême droite.

https://basta.media/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg

Eva Vlaardingerbroek, influenceuse identitaire au million d’abonnés,

intervenante du Remigration Summit.

Parmi les participants, vêtus pour l’occasion de costumes-cravates et

confortablement installés dans des fauteuils en velours rouge, se cachent

d’ex-néonazis et membres de groupuscules d’extrême droite identitaire. *« Le

style vestimentaire ne masque pas les idées extrémistes, théories du

complot et idées inconstitutionnelles exprimées par les intervenants »*,

commente le groupe antifasciste portugais Boicote Remigration Summit,

mobilisé contre le sommet. *« Le Remigration Summit normalise les discours

haineux et les discriminations, affectant la sécurité, la cohésion sociale

et les droits humains. »*

Des partis politiques d’extrême droite de toute l’Europe

Les intervenants y ressassent un discours nauséabond : l’Europe *« blanche

et chrétienne »* doit se réveiller avant d’être effacée, la remigration

constituerait le seul rempart face au pseudo « grand remplacement » – une

théorie du complot inventée par l’extrême droite.

À côté des discours, l’évènement permet la mise en réseau de partis

politiques et de militants identitaires européens. *« Nous voulons dépasser

les débats nationaux isolés pour faire émerger un cadre européen commun

autour de la remigration »*, explique Martin Sellner, militant identitaire

autrichien et organisateur du sommet, au média d’extrême droite suisse *Les

Observateurs*.

Une dizaine de partis politiques participent à ces deux premières éditions,

et ils ne sont plus marginaux. Les Français sont présents, avec Reconquête,

le parti d’Éric Zemmour. *« Notre civilisation est attaquée par

l’immigration de masse et les idéologies woke. […] Nous devons construire

des réseaux forts et efficaces, créer des médias alternatifs, des écoles,

des cercles d’influence, résister à la censure et déjouer la surveillance »*,

déclarait Hilaire Bouyé, président de Génération Z et future tête de liste

Reconquête à la mairie du 6e arrondissement de Paris, lors du Remigration

Summit 2025 à Milan.

Le parti allemand AfD y est également représenté par Lena Kotré, une élue

régionale. L’AfD a attiré 20 % des suffrages aux élections fédérales

anticipées de 2025. L’Italien Roberto Vannacci, alors vice-président de la

Lega, le parti de Matteo Salvini qui participe à la coalition

gouvernementale de Meloni, soutenait la première édition du sommet. Le

Portugais Pedro Pinto Fari, qui fait partie des jeunes avec Chega (23 % des

voix en 2026) y intervient. Ainsi que deux députés espagnols de Vox, Carlos

Quero et Rocío de Meer. Leur parti réalise entre 10 % et 15 % des voix en

Espagne et leurs élus siègent au sein du groupe présidé par Jordan Bardella

(RN) au Parlement européen.

https://basta.media/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg

Hilaire Bouyé, président de Génération Z et candidat Reconquête aux

municipales 2026.

Des formations plus mineures y sont également représentées : John

McLoughlin pour le National Party irlandais, Frederik Jansen pour le Forum

voor Democratie (Pays-Bas), ainsi que le fondateur du Homeland Party

anglais, Kenny Smith. Ce mouvement s’est allié à celui du militant

d’extrême droite raciste Tommy Robinson, qui clamait, deux semaines plus

tôt lors d’une manifestation anti-immigrés et xénophobe le 16 mai à

Londres : « Il est temps pour de nombreux musulmans de quitter ce pays. »

Au-delà de l’Europe, la candidate trumpiste du Michigan Jacky Eubanks

s’était rendue à la première édition milanaise. A Porto, l’organisateur de

l’événement et président du mouvement portugais suprémaciste Reconquista,

Alfonso Goncalves, vient d’annoncer la venue d’un invité spécial : le haut

fonctionnaire états-unien Gregory Bovino. Le responsable de l’ICE, la

police fédérale de l’immigration, s’est fait connaître suite à une vague de

rafles contre les immigrés aux États-Unis qui avaient mené le 7 janvier

2026 à la mort de Renée Good, mère de famille tuée par balle par un agent

de l’ICE.

Sur le même sujet

Carlos Quero : le « loup » d’extrême droite qui veut séduire l’électorat de

gauche en Espagne

https://basta.media/carlos-quero-le-loup-d-extreme-droite-qui-veut-seduire-l-electorat-de-gauche-Espagne

Derrière la remigration, une politique d’expulsion de masse

Derrière l’image institutionnelle donnée par ces partis, le Remigration

Summit est coordonné par les membres d’une plateforme, Action Radar Europe,

qui réunit suprémacistes blancs, néonazis et multicondamnés pour violences

ou racisme. Créé en 2023, ce réseau a pour but de diffuser des idées et

maintenir des contacts entre les groupes identitaires de différents pays.

*« Notre culpabilité liée à la Seconde Guerre mondiale est toujours très

présente et empêche les Européens de discuter de ces sujets. Les Américains

ne souffrent pas de ce complexe ! Regardez Trump, il a ouvertement fait

campagne et organisé des déportations de masse. Je pense que c’est un terme

qui est plus fort que remigration, n’est-ce pas ? »* Ce discours était

porté par Eva Vlaardingerbroek, une influenceuse identitaire néerlandaise

suivie par un million de followers, sur la scène du Remigration Summit

2025, et joue sur l’ambigüité du terme deportation en anglais, qui

signifie à la fois déportation et expulsion (du territoire).

À ses côtés, le militant autrichien Martin Sellner est présenté comme

le *« pape

de la remigration »*. Il a appartenu à des groupes ouvertement néonazis,

dans le giron de Gottfried Küssel, un militant autrichien condamné à onze

ans de prison en 1992 pour « renaissance du nazisme ». En janvier 2024, le

média d’investigation indépendant allemand Correctiv révèle qu’une

réunion secrète a eu lieu entre l’activiste autrichien et des membres du

parti allemand AfD pour « planifier l’expulsion de millions de personnes ».

En réaction, des centaines de milliers de personnes manifestent contre

l’AfD, et Martin Sellner est interdit d’entrée sur le territoire allemand.

https://basta.media/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg

À gauche, les militants du groupe néonazi suisse Junge Tat. À droite, leur

leader Manuel Corchia, armé.

La sécurité du premier sommet de Milan était assurée par Junge Tat, un

groupe néonazi suisse. En 2018, le domicile de son fondateur, Manuel

Corchia, a fait l’objet d’une perquisition. La police y a découvert

plusieurs armes à feu, dont un AK-47. Le groupe est aussi connu pour avoir

perturbé une conférence en ligne de l’université d’art de Zurich en criant*

« Heil Hitler »*.

De Némésis à la Cocarde, les ramifications françaises

Ce groupe néonazi violent entretient également des amitiés en France, comme

avec le collectif Némésis. En 2025, les fémonationalistes françaises

https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme

organisent une action commune avec leurs homologues allemandes Lukreta et

Junge Tat à Bâle. Yona Faedda, figure française du mouvement, s’affiche

alors aux côtés du néonazi Manuel Corchia sur une vidéo de promotion.

Némésis est aussi proche des organisateurs du Remigration Summit. Alice

Cordier, leur présidente, échange régulièrement avec l’activiste autrichien

Martin Sellner et l’influenceuse xénophobe Eva Vlaardingerbroek sur le

réseau social d’Elon Musk.

https://basta.media/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg

Sur internet, le Collectif Némésis s’affiche proche de Junge Tat et échange

avec les organisateurs du Remigration Summit.

« The French are coming », « See you there », *« Nous avons hâte de

participer »*. Sur les réseaux sociaux, les groupes français annoncent

d’ailleurs leur venue à Porto ce 30 mai. Tous sont des héritiers régionaux

de Génération identitaire, organisation dissoute en 2021 : le groupe

lillois Nouvelle droite, les Occitans des Jeunes d’Oc et le mouvement

provençal Le Maquis. Selon StreetPress

https://cartofaf.streetpress.com/liste/le-maquis/, l’un de ses membres

aurait agressé un maire communiste en 2024 *« après avoir proféré des

insultes à caractère raciste envers sa fille métisse »*.

Une intervention de Louise Garnier, du syndicat étudiant d’extrême droite

la Cocarde et ex-responsable de l’Uni à Sciences Po Paris, est au

programme. La jeune femme fait partie du groupe identitaire Les Natifs,

connu pour avoir déployé une banderole raciste contre la venue d’Aya

Nakamura aux JO et une autre « Paris Want Remigration » (« Paris veut la

remigration ») devant le Sacré-Cœur.

Sur le même sujet

Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes

de l’extrême droite mondiale

https://basta.media/Patriots-Network-reseau-figures-montantes-extreme-droite-mondiale-europe-RN-MAGA

La présence des Français n’est pas anodine. C’est l’auteur d’extrême droite

Renaud Camus qui réactualise le concept de remigration dans son ouvrage *Le

Grand remplacement* en 2011. Le terme se répand rapidement dans les rangs

de l’extrême droite française, qui organise dès 2014 des « Assises de la

remigration ». Le concept est ensuite exporté en Europe, notamment par

Martin Sellner, alors proche du mouvement français Génération identitaire

et de Jean-Yves le Gallou.

L’homme de 77 ans, ancien membre du Front national (devenu Rassemblement

national) et conseiller politique d’Éric Zemmour en 2022, est l’invité

d’honneur des deux éditions du sommet. Fondateur du cercle de réflexion

français d’extrême droite Illiade, il est aussi l’inventeur de la

préférence nationale et fervent défenseur de la théorie du grand

remplacement.

Vers une banalisation du concept de remigration ?

Pour Martin Sellner, « le sommet constitue un instrument métapolitique »,

explique le nostalgique du régime nazi au micro de Radio Courtoisie.

*« Appliquée

aujourd’hui à l’extrême droite, la métapolitique n’a pas pour objectif de

proposer un programme électoral, mais vise à investir des espaces en

apparence non politiques – culturels, festifs, entrepreneuriaux, religieux

ou patrimoniaux – pour embarquer les esprits et normaliser des opinions

jusque-là impensables »*, décrypte le politiste Tristan Boursier dans *Le

Monde*

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/20/la-metapolitique-cette-notion-au-c-ur-de-l-offensive-menee-par-la-droite-reactionnaire-dans-la-culture_6691673_3232.html

.

Une stratégie qui porte ses fruits, puisque le concept a traversé

l’Atlantique et est repris jusqu’à Donald Trump et Elon Musk. Le terme

gagne peu à peu du terrain dans le débat public : il a dernièrement été scandé

par l’assemblée d’un meeting des extrêmes droites européennes à Milan

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/18/rassemblement-de-l-extreme-droite-europeenne-a-milan_6681163_3210.html,

organisé par le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, en compagnie

de Jordan Bardella, ou encore a été entendu dans les rues de Londres le

16 mai dernier.

Le militant autrichien Martin Sellner envisage désormais de créer un

Institut de la remigration, sur le modèle des think tanks politiques. *« En

deux ans, tout le monde a entendu parler de remigration. Nous allons

entraîner tous les partis dans notre direction »*, professait-il à Milan il

y a un an.

Sur le même sujet

Comment des groupes néonazis ou identitaires profitent de dons défiscalisés

https://basta.media/C9M-groupes-neonazis-identitaires-Nemesis-profitent-argent-public-dons-defiscalises

*« La stratégie des identitaires repose sur un activisme visant à faire

évoluer l’opinion publique sur le long terme, en mettant l’accent sur des

enjeux sociaux et culturels*, analyse le Center for the Study of Organized

Hate (Centre d’études de la haine organisée, basé à Washington). *En 2025,

la remigration est devenue grand public »*, alerte le centre de recherches.

Pour Marion Jacquet-Vaillant, *« la diffusion [du concept de] “remigration”

marque la réalité de l’influence des identitaires »*.

La portée de cette influence reste *« toutefois limitée, car indirecte :

sans relais, sans caisse de résonance, les identitaires ne pourraient

diffuser leurs idées au sein de leur milieu partisan, encore moins les

porter au cœur du débat public »*, nuance la chercheuse. Cela semble en

train de changer. Les partis politiques institutionnels d’extrême droite,

les influenceurs et médias d’opinion de la fachosphère invités au sommet

font le reste du travail. Côté français, Radio Courtoisie et le think tank

Polémia se chargent de couvrir l’évènement. Et dans la foulée, la chaîne

info de Bolloré, CNews, tente de banaliser le concept de remigration en

invitant, en mai 2026, Jean-Yves le Gallou, qui est revenu longuement sur

ces politiques de déportation massive. Et ce, sans aucun contradicteur.