Stratégie zéro point de fixation….
Mais mise à mort oklm..
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De : Maël Galisson
Nord Littoral
Côte d’Opale, lundi 25 mai 2026 861 mots, p. NORDLITT10
Les syndicats policiers en quête d’effectifs, de primes… et de sens
*Enquête. Les représentants des syndicats de police ont été entendus, le 21
mai, à l’assemblée nationale, sur les conséquences des accords du Touquet.
Leurs principales revendications ? Plus d’effectifs mieux formés,- voire
spécialisés- à la lutte contre les réseaux de passeurs, plutôt que de
recourir à toujours plus de CRS et de réservistes.*
Qui aurait pu croire que les policiers en viendraient, un jour, à regretter
les tentatives de passage de migrants à bord des camions, interceptés dans
quelque hangar du port de Calais ou d’Eurotunnel ? « On les interpellait
dans des conditions sécurisées », se souvient ainsi Jérôme Bizeur, pour
l’Unsa. Rien de tel depuis l’émergence des traversées maritimes, par small
boats puis taxi boats, depuis 2018 : « Nous voyons des scènes abominables,
avec des familles entières dans l’eau glacée, poursuit-il. La situation
est catastrophique sur les plages, nos collègues sont effarés par ce qu’ils
y voient, surtout les réservistes. (…) Des enfants qui servent de boucliers
humains, quand la vacation prend fin les collègues sont abattus. », raconte
un autre syndicaliste policier, Marc Muziol pour Unité SGP Police.
Manque de suivi psychologique et médical
Tous s’accordent à dénoncer les mêmes manques : en premier lieu, un suivi
psychologique et médical des agents confrontés à ces missions : « On n’a
plus de médecin de prévention depuis un an dans le 62., dénonce Guillaume
Sarrazin d’Alliance, et les 600 agents de la Police aux frontières doivent
faire avec un seul infirmier. » On propose bien, le cas échéant, des
numéros de psychologues à consulter, mais ça trouve vite ses limites : « Ce
ne sont pas des traumas de type Bataclan, faciles à relier à des faits
précis. Là, c’est une usure, une confrontation permanente à des situations
indignes. (…) Et quand bien même on a des psychologues, beaucoup de
collègues ont peur de leur parler. Ils ont peur des conséquences, que les
services soient avisés, le fait d’être désarmés », décrit Benjamin
Camboulives, pour Alternative police.
Les limites des réservistes et des CRS
Il y a bien des choses qui fonctionnent : niveau matériel, par exemple,
rien à dire, tous les drones et véhicules tout-terrain financés par les
accords Sandhurst sont d’autant plus appréciés qu’ils ne coûtent rien au
contribuable français. Bon, parfois, ça va même un peu loin, raconte Jérôme
Bizeur : « C’est bien, on a des appareils photo dernier cri. Le problème,
c’est qu’on ne sait pas les utiliser, on n’a pas eu de formation. (…) Les
collègues préfèrent encore utiliser leurs téléphones… » Ça peut paraître un
peu farce -même si ça ne ferait pas rire nos amis britanniques- mais ça
trahit un vrai problème, beaucoup plus profond, de formation, d’après les
syndicats policiers : « Quand vous avez, par exemple, des CRS du sud de la
France qui débarquent à Calais entre 22h et minuit, ils prennent les
consignes sur le pouce, comprennent mal la situation, ne savent pas où ils
sont, plus la fatigue de la route… » Même problème pour les réservistes,
parfois envoyés avec des consignes orales de bon sens, mais vagues, comme «
ne pas intervenir dans l’eau, ne pas intervenir face à un groupe de
migrants trop important, mais les suivre et alerter. » Du point de vue des
syndicats, réservistes et CRS ne peuvent pas remplacer des enquêteurs
spécialisés, tels que ceux de la PAF et des missions Oltim. La dépendance
aux effectifs de CRS est dangereuse, préviennent-ils : par nature, ils
peuvent être redéployés à tout moment et les passeurs savent saisir les
opportunités. Lorsque les effectifs de CRS stationnés à Calais ont été
redéployés sur les Jeux Olympiques de Paris, à l’été 2024, les traversées
maritimes ont redoublé, racontent-ils. Par ailleurs, les agents de la PAF
se plaignent d’une injustice : contrairement à leurs collègues dans les
commissariats, ils ne peuvent prétendre ni à la prime voie publique (100
euros brut mensuels) ni à la future prime d’investigation (environ 150
euros brut à terme), ce qui est vu comme un manque de reconnaissance.
« Oui, on détruit des tentes »
Enfin, il y a la question du sens. Benjamin Camboulives soupire : « La
mission, c’est de tenir la frontière anglaise, mais du côté français. On ne
l’a pas demandée, cette mission, mais on l’exécute. (…) Les démantèlements
de campements, les collègues n’ont pas choisi cette stratégie. Mais la
stratégie du zéro point de fixation, c’est l’alternative au chaos. S’il y
avait 10 000 personnes dans la Jungle à une époque, c’est parce qu’on le
tolérait. Aujourd’hui, s’il n’y a que 500 à 600 migrants à Calais, c’est
parce qu’on ne les laisse pas se reconstituer. Alors oui, on détruit des
tentes. Parce que si on ne le fait pas, le risque c’est de recréer
Sangatte, et que ce soit pire pour tout le monde. » Au mot près la doctrine
officiellement assumée, l’aveu sur les tentes détruites en plus…
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Mi*Lady Renoir