Fwd: [Jungles] Les syndicats policiers en quête d’effectifs, de primes… et de sens [Nor littoral, 25.05.2026]

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-5-28 08:42

Stratégie zéro point de fixation….

Mais mise à mort oklm..

———- Forwarded message ———

De : Maël Galisson

https://www.nordlittoral.fr/286699/article/2026-05-25/commission-sur-les-accords-du-touquet-les-syndicats-policiers-en-quete-d

Nord Littoral

Côte d’Opale, lundi 25 mai 2026 861 mots, p. NORDLITT10

Les syndicats policiers en quête d’effectifs, de primes… et de sens

*Enquête. Les représentants des syndicats de police ont été entendus, le 21

mai, à l’assemblée nationale, sur les conséquences des accords du Touquet.

Leurs principales revendications ? Plus d’effectifs mieux formés,- voire

spécialisés- à la lutte contre les réseaux de passeurs, plutôt que de

recourir à toujours plus de CRS et de réservistes.*

Qui aurait pu croire que les policiers en viendraient, un jour, à regretter

les tentatives de passage de migrants à bord des camions, interceptés dans

quelque hangar du port de Calais ou d’Eurotunnel ? « On les interpellait

dans des conditions sécurisées », se souvient ainsi Jérôme Bizeur, pour

l’Unsa. Rien de tel depuis l’émergence des traversées maritimes, par small

boats puis taxi boats, depuis 2018 : « Nous voyons des scènes abominables,

avec des familles entières dans l’eau glacée, poursuit-il. La situation

est catastrophique sur les plages, nos collègues sont effarés par ce qu’ils

y voient, surtout les réservistes. (…) Des enfants qui servent de boucliers

humains, quand la vacation prend fin les collègues sont abattus. », raconte

un autre syndicaliste policier, Marc Muziol pour Unité SGP Police.

Manque de suivi psychologique et médical

Tous s’accordent à dénoncer les mêmes manques : en premier lieu, un suivi

psychologique et médical des agents confrontés à ces missions : « On n’a

plus de médecin de prévention depuis un an dans le 62., dénonce Guillaume

Sarrazin d’Alliance, et les 600 agents de la Police aux frontières doivent

faire avec un seul infirmier. » On propose bien, le cas échéant, des

numéros de psychologues à consulter, mais ça trouve vite ses limites : « Ce

ne sont pas des traumas de type Bataclan, faciles à relier à des faits

précis. Là, c’est une usure, une confrontation permanente à des situations

indignes. (…) Et quand bien même on a des psychologues, beaucoup de

collègues ont peur de leur parler. Ils ont peur des conséquences, que les

services soient avisés, le fait d’être désarmés », décrit Benjamin

Camboulives, pour Alternative police.

Les limites des réservistes et des CRS

Il y a bien des choses qui fonctionnent : niveau matériel, par exemple,

rien à dire, tous les drones et véhicules tout-terrain financés par les

accords Sandhurst sont d’autant plus appréciés qu’ils ne coûtent rien au

contribuable français. Bon, parfois, ça va même un peu loin, raconte Jérôme

Bizeur : « C’est bien, on a des appareils photo dernier cri. Le problème,

c’est qu’on ne sait pas les utiliser, on n’a pas eu de formation. (…) Les

collègues préfèrent encore utiliser leurs téléphones… » Ça peut paraître un

peu farce -même si ça ne ferait pas rire nos amis britanniques- mais ça

trahit un vrai problème, beaucoup plus profond, de formation, d’après les

syndicats policiers : « Quand vous avez, par exemple, des CRS du sud de la

France qui débarquent à Calais entre 22h et minuit, ils prennent les

consignes sur le pouce, comprennent mal la situation, ne savent pas où ils

sont, plus la fatigue de la route… » Même problème pour les réservistes,

parfois envoyés avec des consignes orales de bon sens, mais vagues, comme «

ne pas intervenir dans l’eau, ne pas intervenir face à un groupe de

migrants trop important, mais les suivre et alerter. » Du point de vue des

syndicats, réservistes et CRS ne peuvent pas remplacer des enquêteurs

spécialisés, tels que ceux de la PAF et des missions Oltim. La dépendance

aux effectifs de CRS est dangereuse, préviennent-ils : par nature, ils

peuvent être redéployés à tout moment et les passeurs savent saisir les

opportunités. Lorsque les effectifs de CRS stationnés à Calais ont été

redéployés sur les Jeux Olympiques de Paris, à l’été 2024, les traversées

maritimes ont redoublé, racontent-ils. Par ailleurs, les agents de la PAF

se plaignent d’une injustice : contrairement à leurs collègues dans les

commissariats, ils ne peuvent prétendre ni à la prime voie publique (100

euros brut mensuels) ni à la future prime d’investigation (environ 150

euros brut à terme), ce qui est vu comme un manque de reconnaissance.

« Oui, on détruit des tentes »

Enfin, il y a la question du sens. Benjamin Camboulives soupire : « La

mission, c’est de tenir la frontière anglaise, mais du côté français. On ne

l’a pas demandée, cette mission, mais on l’exécute. (…) Les démantèlements

de campements, les collègues n’ont pas choisi cette stratégie. Mais la

stratégie du zéro point de fixation, c’est l’alternative au chaos. S’il y

avait 10 000 personnes dans la Jungle à une époque, c’est parce qu’on le

tolérait. Aujourd’hui, s’il n’y a que 500 à 600 migrants à Calais, c’est

parce qu’on ne les laisse pas se reconstituer. Alors oui, on détruit des

tentes. Parce que si on ne le fait pas, le risque c’est de recréer

Sangatte, et que ce soit pire pour tout le monde. » Au mot près la doctrine

officiellement assumée, l’aveu sur les tentes détruites en plus…

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Mi*Lady Renoir