puisque tant de gens se foutent du “coût” humain, ben, parlons money
money…
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De : Maël Galisson
Nord Littoral - Côte d’Opale, mercredi 13 mai 2026
Combien a coûté la fortification du port et d’Eurotunnel ?
*Crise migratoire. Concurrents à la ville, mais complices à l’assemblée
nationale : les dirigeants du port de Calais, de celui de Dunkerque et
d’Eurotunnel ont été auditionnés, fin avril, par la commission d’enquête
sur les conséquences des accords du Touquet.*
S’ils ne détestent pas à l’occasion s’envoyer des piques sur les réseaux
sociaux, les dirigeants d’Eurotunnel et du port de Calais ont fait front
commun, devant la représentation nationale, le 27 avril. Car sur le sujet
des migrants, les deux infrastructures ont plus ou moins la même position :
nous ne nous mêlons pas des tâches régaliennes, mais on appelle la police
dès qu’on trouve des migrants ; nous avons été mis à rude épreuve,
particulièrement entre 2014 et 2017, mais l’argent britannique, via les
accords de Sandhurst, nous a permis de sanctuariser nos périmètres ; le
tout en restant sensibles à l’aspect humain, cela va sans dire…
Tous les camions contrôlés ? Tous !
Pour le directeur général des ports de Calais et Boulogne-sur-Mer, Laurent
Devulder, l’adoption des accords du Touquet, en 2023, a surtout acté « le
rôle de détection » attribué aux équipes du port de Calais. Après la
validation des billets sur le plan commercial et la déclaration des
marchandises transportées, 100 % des 1,7 million de camions qui passent
chaque année par le port de Calais sont contrôlés : « S’ils sont bâchés, on
fait une échographie du chargement. S’ils sont tôlés, les rayons X sont
interdits, donc ils passent par un système qui va détecter les plus infimes
vibrations. C’est un processus plus lent : le chauffeur doit descendre et
il faut attendre que le carburant se soit stabilisé. Tous les systèmes sont
fournis par le Royaume-Uni. S’il y a un doute, nos équipes envoient le
camion vers un autre hangar, avec détecteurs de CO₂ et ouverture du
chargement. »
Si les réfugiés sont trouvés dans un camion, dirigeants du port et
d’Eurotunnel sont unanimes : la consigne donnée aux agents est de s’assurer
qu’il n’y a pas d’urgence médicale vitale, le reste est à la charge de la
police : « Nos agents ne parlent pas tous un anglais d’Oxford, mais les
mots ❝doctor❞ ou ❝hospital❞, tout le monde les comprend. La plupart du
temps les réfugiés descendent d’eux-mêmes, ce n’est pas leur première
tentative et ils connaissent le processus derrière. »
Au port, une dizaine de millions investis depuis 2018
Tout cela a eu un coût, bien sûr : depuis 2018, ce sont 14 millions d’euros
fournis par le gouvernement britannique dans le cadre des accords de
Sandhurst qui ont été investis dans les bâtiments et appareils de contrôle
au port de Calais. Le montant comprend aussi la vidéosurveillance du port
et l’extension de ses clôtures sur le périmètre de Calais port 2015. Ce qui
reste à la charge du port lui-même, c’est surtout la masse salariale «
d’environ 110 personnes » chargées de la surveillance et de la détection
des migrants. Laurent Devulder l’estime à 6,5 millions d’euros par an, «
parce qu’ils sont à la fois en 3 X 8 et en convention collective pour la
manutention… J’en bénéficie aussi, alors je ne vais pas la critiquer ! »,
s’amuse-t-il. Le secret d’une convention collective pérenne, c’est que le
patron en bénéficie aussi… On note par ailleurs que Calais utilise son
propre personnel, alors que le port de Dunkerque et Eurotunnel
sous-traitent les questions de sécurité à la même entreprise spécialisée,
Atalian.