Fwd: [Jungles] De camp en bivouac, de « démantèlement » en expulsion, l’errance sans fin des exilés dans le Bruaysis [La voix du nord, 15.05.2026]

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-5-15 14:13

———- Forwarded message ———

De : Maël Galisson

https://www.lavoixdunord.fr/1703174/article/2026-05-15/de-camp-en-bivouac-de-demantelement-en-expulsion-l-errance-sans-fin-des-exiles

La Voix du Nord (site web)

Edition principale

Béthune - Bruay, vendredi 15 mai 2026 1009 words

des exilés dans le Bruaysis *

Ruben Muller

l’assemblée générale, samedi. Comme l’an dernier, l’association d’aide aux

exilés doit faire face à la destruction d’un campement et à l’expulsion de

ses occupants, à Linghem cette fois. *

Depuis 2008, l’association Terre d’errance vient en aide aux personnes

exilées qui survivent dans le Bruaysis en attendant de pouvoir gagner

l’Angleterre. Samedi, une trentaine de bénévoles ont assisté à son

assemblée générale à Ham-en-Artois

https://www.lavoixdunord.fr/region/bethune-et-ses-environs/ham-en-artois

, en présence de la maire Béatrice Ponchant – ce n’était pas arrivé depuis

Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes de 2008 à 2014, où l’association

gérait, de 2012 à 2017, un camp de réfugiés qui a accueilli

jusqu’à 300 personnes.

Ce qui ne change pas

https://www.lavoixdunord.fr/1584478/article/2025-05-11/la-situation-des-exiles-catastrophique-apres-la-destruction-du-camp-de-saint

, c’est la situation des migrants. Lieu d’accueil officiel ou pas, ils

veulent toujours traverser la Manche et la proximité de l’aire de

Saint-Hilaire-Cottes

https://www.lavoixdunord.fr/region/bethune-et-ses-environs/saint-hilaire-cottes

, la dernière sur l’A26 avant Calais, les incite à se fixer dans les

environs, dans l’espoir de pouvoir monter dans un camion

https://www.lavoixdunord.fr/1614869/article/2025-08-13/que-sont-devenus-les-migrants-decouverts-dans-un-camion-frigorifique-saint.

Les exilés errent donc de camp en camp au gré des « démantèlements » par

les autorités, « *un mot joli qui cache l’expulsion de personnes précaires

et la politique de harcèlement et d’épuisement des exilés et de ceux qui

les aident* », dénoncent les bénévoles.

« Plus de galère »

Après Norrent-Fontes, des camps de fortune se sont établis à Quernes,

Saint-Hilaire-Cottes puis Linghem. Les bénévoles leur y apportent de l’aide

alimentaire, du bois, du gaz, de l’eau, des tentes, du matériel de

couchage… Début 2025, une dizaine ou une vingtaine de personnes,

principalement originaires d’Éthiopie ou d’Érythrée, se regroupent à

Saint-Hilaire, « *avec un gros turn-over, du fait de nombreux passages en

Angleterre* », décrit Sonia.

Ces actions ne servent qu’à abîmer un peu plus les exilés. La préfecture se

retranche derrière l’état de droit mais celui-ci ne respecte pas les droits

humains fondamentaux.”

Le 8 avril 2025, la préfecture expulse les exilés et détruit le matériel

fourni par l’asso. Comme lors de chaque expulsion, « c’est plus de galère

mais toujours le même objectif

https://www.lavoixdunord.fr/1026754/article/2021-06-14/migrants-violence-misere-et-passeurs-au-quotidien-dans-les-camps-du-littoral.

C’est plus compliqué pour nous aussi : la disparition de ce point de

rassemblement identifié met à mal notre semblant d’organisation ». Quelques

semaines plus tard, les exilés montent un nouveau campement à Linghem, dans

un bois privé. Les bénévoles y aménagent des toilettes sèches et un coin

cuisine mais son accès difficile, par un chemin cahoteux, complique

l’évacuation des déchets. Rebelote le 8 avril 2026 : le camp est évacué par

arrêté municipal, avec l’accord du propriétaire, un an jour pour jour après

celui de Saint-Hilaire-Cottes.

Sept personnes avaient été « mises à l’abri » au centre d’accueil et

d’examen des situations (CAES) de Nédonchel. Depuis l’errance a repris mais

« *on ne sait pas trop où ils sont : après un démantèlement, la

surveillance policière se renforce, donc les exilés se cachent* », rappelle

Sonia. Jusqu’à la prochaine fois : « *La préfecture sait très bien qu’ils

reviendront, que ces actions ne servent à rien d’autre qu’à abîmer un peu

plus les gens*, soupire Nan. *Elle se retranche derrière l’état de droit

mais celui-ci ne respecte pas les droits humains fondamentaux.* »

Terre d’errance n’agit pas que dans les camps

Les exilés égaillés dans la nature après la destruction de leur camp de

fortune, « on se sent un peu orphelins », souffle François dans un pâle

sourire. En attendant qu’ils se fixent à nouveau, les bénévoles de Terre

d’errance ne restent pas les bras croisés.

L’association soutient moralement et matériellement une centaine

de migrants « dublinés » – en vertu du règlement de Dublin, ils ne peuvent

demander l’asile que dans le premier pays européen où on a relevé leurs

empreintes – hébergés au programme d’accueil et d’hébergement des

demandeurs d’asile (PRAHDA) de Fouquières-lès-Béthune, un ancien hôtel de

80 chambres.

Douches, lessives…

« *Ils sont très stressés car ils peuvent être expulsés à tout moment,

n’ont pas le droit de travailler ni de suivre une formation…*, détaille

Nathalie. Ils peuvent juste apprendre le français. » Une condition pour

espérer obtenir des papiers…, après sept ans de présence sur le territoire.

En complément du réseau des familles hébergeuses, l’asso dispose d’un gîte

à Amettes et d’un espace à Aire-sur-la-Lys, où les exilés peuvent prendre

une douche, faire la lessive, recharger leur téléphone, jouer au billard ou

au baby-foot… Les bénévoles y emmènent une douzaine de personnes chaque

mercredi. Ces lieux mis à disposition par des particuliers pallient « *le

désengagement des municipalités. On n’avait plus de douches depuis le Covid*

», rappelle Hervé.