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De : Maël Galisson
Nord Littoral
Côte d’Opale, dimanche 10 mai 2026
Des riverains lancent une pétition face à la crise migratoire
*Loon-Plage. Des habitants s’adressent aux autorités. Ils demandent des
réponses concrètes face à une situation qu’ils jugent hors de contrôle.*
Ils n’en peuvent plus. À Loon-Plage, des habitants dénoncent une situation
devenue « invivable », marquée par la répétition des tentatives de
traversée et la proximité des camps. Cela nous rappelle une situation
similaire, à l’époque de la Jungle de Calais, où les riverains de la route
de Gravelines étaient aussi excédés.
Les Loonois prennent aujourd’hui la parole à travers une pétition adressée
à l’État et aux parlementaires pour décrire une situation qu’ils jugent de
plus en plus difficile à vivre. La pétition a été postée sur Facebook, et
pour l’organisateur de celle-ci, pas question de recevoir de « commentaires
insultants ou haineux, nous souhaitons juste sensibiliser les institutions
concernées, faire entendre notre voix et soutenir le travail réalisé par
les autorités locales. »
« Des inquiétudes légitimes »
Les signataires disent d’abord leur « profonde sensibilité » au sort des
personnes migrantes, évoquant des parcours marqués par la guerre, la
précarité et l’espoir d’une vie meilleure. « Leur réalité appelle à la
dignité et à des réponses responsables », écrivent-ils.
Mais ils décrivent aussi un quotidien marqué par la proximité des camps et
des installations précaires. De nombreux habitants assistent régulièrement
aux tentatives de traversée vers l’Angleterre. « Promeneurs, pêcheurs et
professionnels du littoral » sont témoins de scènes qu’ils qualifient
d’urgentes et dangereuses.
« Ces situations génèrent aussi des inquiétudes légitimes : risques pour la
sécurité sur les plages et les routes, présence d’embarcations,
interventions d’urgence répétées, et sentiment d’une situation
insuffisamment encadrée. Dans les zones les plus exposées, notamment autour
de Loon-Plage, les riverains font face à une dégradation significative de
leurs conditions de vie. De nombreux habitants évoquent un sentiment
croissant d’insécurité, des intrusions dans des propriétés privées, ainsi
que des tensions dans les quartiers. À cela s’ajoutent des problématiques
d’hygiène impactant directement le cadre de vie. »
Plusieurs demandes
Les auteurs de la pétition indiquent avoir été reçus par le maire de la
commune et par le sous-préfet de Dunkerque. Selon eux, ces échanges ont
confirmé une prise de conscience locale mais aussi « des moyens
insuffisants » pour répondre pleinement à la situation.
Ils formulent plusieurs demandes : des solutions d’accueil « dignes et
structurées » pour éviter les camps précaires, un renforcement de la
sécurité, des actions en matière d’hygiène, une meilleure organisation des
flux et une coordination accrue entre l’État et les collectivités. « Il est
possible de concilier humanité, sécurité et respect des conditions de vie
de chacun », affirment-ils.