Ressources sur une exposition sur le thème des frontières qui ouvrira à la cité des sciences à propos des morts aux frontières

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-4-16 12:05

Chères toute et tous,

Nous avons été, plusieurs membres de Migreurop, mobilisé·es pour participer

à la création d’une grande exposition sur le thème des frontières qui

ouvrira à la cité des sciences en Avril 2026.

Parmi les installations présentées, celle des morts aux frontières qui met

en valeur l’extraordinaire travail de collecte de Geert Altes (United,

Amsterdam) sera prédominante. Dans ce cadre, il y aura une carte

interactive accompagnée d’une série de graphiques dont celui-ci en doc

joint et visible ici

https://www.dropbox.com/scl/fi/8rm0ahajr2fisw3ld7cf8/Capture-d-cran-2026-02-09-18.56.40.png?rlkey=2lssmug4po8pmpn9aaz1d616d&dl=0

pour

lequel nous nous posons des questions :

À votre avis, peut-on relier à des événements politiques ou géopolitiques

précis (ou une combinaison d’événements) les baisses et augmentations

sensibles des morts aux frontières pour les années suivantes

Baisse 2009-2010 -> Traité d’amitié Italie-Libye ?

Augmentation 2011 -> Révolution tunisienne ?

Baisse 2012-2013 -> ?

Augmentation 2015-2016 - Guerres civiles Libye Syrie ?

Baisse 2019 -> ?

Augmentation 2023 -> effet retour des Talibans, Intensification de la

guerre au Soudan et Somalie ?

Merci infiniment pour votre aide

Philippe

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Philippe Rekacewicz

Associate researcher, Social Science Group,

University of Wageningen, The Netherlands

Narestø 76, N-4810 Eydehavn, Norway

tel : +47 992 78 815

Internet: visionscarto.net

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Cher Philippe,

bravo et merci pour cette belle initiative.

De mon point de vue, il est toujours utile de re-contextualiser les

évolutions montrées, en posant des jalons temporels, à l’image de ce qui

est fait par les collègues suisses mentionnés par Sophie Malka (

https://asile.ch/statistique/les-donnees-statistiques/evolution-demandes-dasile/

).

Concernant les données de mortalité manipulées ici, il me semble qu’il

serait important de les contextualiser également par des données - même

approximatives - des franchissements des mêmes frontières.

Car, en parallèle de l’évolution de cette mortalité brute, en partie liée à

celle des franchissements, celle du taux de mortalité me semble être

également pertinente et féconde à analyser.

Si l’on prend le cas de la Méditerranée centrale, par exemple, le taux de

mortalité des traversées maritimes (et donc leur dangerosité) a augmenté

depuis 2015, alors que le nombre de traversées a diminué, ce qui amène à

questionner les dispositifs mis en oeuvre (en lien avec l’externalisation

des frontières) et notamment la rhétorique humanitaro-sécuritaire qui

accompagne souvent, pour le justifier, leur déploiement.

Bien à vous,

Arnaud, chercheur au CNRS

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Bonjour,

Pour aller dans le sens de la réponse d’Arnaud, voici ci-dessous une

actualité qu’on avait publié en 2019 concernant la baisse des personnes

mortes ou disparues en Méditerranée centrale

https://www.lacimade.org/mediterranee-centrale-une-personne-migrante-sur-sept-meurt-ou-disparait/

*Méditerranée centrale : une personne migrante sur sept meurt ou disparaît

durant la traversée*

29 août 2019

*Malgré la forte baisse des arrivées, le risque de mourir pour les

personnes migrantes tentant de traverser la Méditerranée a atteint des

proportions alarmantes. Analyse par La Cimade d’une situation inadmissible

liée à l’inertie macabre des États membres de l’Union européenne.*

Depuis le début de l’année 2019, une personne sur sept meurt ou disparaît

en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Pour la même période en 2018, c’était une personne sur 17, et une personne

sur 46 en 2017. Des chiffres effrayants et probablement plus élevés, le

nombre de bateaux quittant les côtes africaines demeurant inconnu.

Pourtant, les arrivées sur les côtes européennes, en particulier par la

Méditerranée centrale, ne cessent de baisser. Au début du mois d’août 2019,

l’agence européenne Frontex annonçait une baisse globale de 30 % des

arrivées irrégulières sur le territoire européen par rapport à 2018. Selon

le communiqué de l’agence

https://frontex.europa.eu/media-centre/news-release/migratory-situation-in-july-arrivals-in-europe-up-slightly-from-previous-month-rlBoYl,

les arrivées via la Méditerranée centrale pour les sept premiers mois de

2019 représentent « un peu plus du quart du total des arrivées à la même

période en 2018 ». C’est à dire une baisse de plus de 75 %.

[image:

https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2019/08/Morts_Migrants_Mediterranée_2017-2019.jpg]

https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2019/08/Morts_Migrants_Mediterran%C3%A9e_2017-2019.jpg

*Source : UNHCR, Europe – Dead and missing at sea (January 2018 – July 2019

et January 2017 – July 2018) and UNHCR, Italy, Sea arrivals dashboard,

January-July 2017.*

Des moyens de sauvetage réduits

Cette augmentation sans précédent du taux de mortalité en Méditerranée

centrale est en grande partie due à des moyens de sauvetage de plus en plus

réduits.

En effet, les États membres de l’Union européenne ont peu à peu transféré

la responsabilité des sauvetages à la Libye (formation des garde-côtes,

création d’une région de recherche et de sauvetage -SRR- et d’un centre

conjoint de coordination des sauvetages en Libye). Pourtant, les risques

pour les personnes migrantes débarquées dans ce pays sont connus, tout

comme les insuffisances de l’action — parfois même dangereuse — des

garde-côtes libyens (cf. Méditerranée centrale : Une hécatombe sourde et

muette, désormais à l’abri de (presque) tous les regards

https://www.lacimade.org/mediterranee-centrale-une-hecatombe-sourde-et-muette-desormais-a-labri-de-presque-tous-les-regards/).

Parallèlement, les pressions et les entraves, notamment du gouvernement

italien, sur les ONG de sauvetage en mer se poursuivent (cf. Méditerranée,

les solidarités ne se laisseront pas faire

https://www.lacimade.org/mediterranee-les-solidarites-ne-se-laisseront-pas-faire/

).

Ainsi, les moyens de sauvetage en Méditerranée se limitent aujourd’hui,

dans le secteur le plus à risque, aux garde-côtes libyens, aux navires

marchands passant dans cette zone et aux rares ONG de sauvetage en mer, qui

maintiennent leur action malgré les incessantes pressions qu’elles

subissent de la part des États.

Dans un rapport

https://rm.coe.int/sauver-des-vies-proteger-les-droits-combler-le-manque-de-protection-de/168096883c

publié

en juillet 2019, la Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de

l’Europe, dénonçant « le coût humain terrible » de cette stratégie,

rappelle aux États membres leurs obligations en matière de sauvetage. *Elle

appelle notamment tous les États membres à « allouer des ressources

destinées spécifiquement aux activités de recherche et sauvetage en mer »

et à « déployer des navires le long des couloirs où ils peuvent

effectivement contribuer à éviter des décès et garantir un traitement digne

des personnes secourues »*. Elle souligne également la nécessité que les

États exploitent « pleinement toutes les unités de sauvetage et de

recherche […], notamment les navires administrés par des ONG ».

Loin de répondre à ces recommandations, le gouvernement italien a, de

nouveau, durant ce mois d’août, refusé l’entrée de ses ports à deux navires

de sauvetage et immobilisé au sol deux avions des ONG Pilotes volontaires

et Sea-Watch, qui opèrent des missions de reconnaissance en Méditerranée.

Le navire de l’ONG Open Arms a été bloqué pendant 19 jours, avec 147

personnes à son bord. Le débarquement n’a pu avoir lieu qu’après une

décision du procureur d’Agrigente. Ce dernier a également ordonné la mise

sous séquestre du navire dans le cadre d’une enquête contre X pour

séquestration de personnes, omission et refus d’actes officiels. Enquête

qui — une fois n’est pas coutume — ne vise pas l’équipage du bateau de

sauvetage, mais les autorités italiennes. L’Ocean Viking, navire affrété

par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières a, quant à lui, été bloqué

pendant 15 jours. C’est finalement Malte qui a accepté de débarquer les 356

personnes à bord, après que six États membres, dont la France, se sont

engagés à les accueillir.

La baisse des arrivées (moins de 4 000 personnes sur les côtes italiennes

en 2019) ne semble avoir aucun impact sur l’accueil des personnes exilées

traversant la Méditerranée. Les pourparlers européens sur la responsabilité

de leur prise en charge piétinent et la perspective de la création d’un

mécanisme opérationnel de solidarité permettant un débarquement dans le

port sûr le plus proche, tel que le prévoit le droit international, parait

dans une impasse. La question de la mobilisation des moyens nécessaires au

sauvetage en mer semble quant à elle reléguée au second plan.

*Aveuglés par le fantasme d’une invasion, les États membres de l’Union

européenne, figés dans une inertie macabre, laissent mourir des milliers de

personnes en Méditerranée.* Face à ce désastre, l’heure est venue de

changer de paradigme et de repenser les migrations non plus comme un

problème mais comme une des solutions, celle de la circulation et de

l’égalité des droits entre toutes et tous.

Anne-Sophie Wender

Chargée de mission

Pôle Solidarités internationales Europe

91 rue Oberkampf

75011 Paris

Portable +212 672 55 10 29 (Maroc)

Cher Philippe,

Je ne sais pas si cela peut aider, mais nous avons fait sur nos pages

statistiques, en lien avec les demandes d’asile en Suisse, un graphique

montrant l’évolution avec des indications liées à diverses crises

internationales, avant tout liées à la nationalité des demandes, mais sans

aller forcément jusqu’à qualifier ces crises plus précisément.

Comme l’évolution en Suisse est souvent proche de celle que l’on observe en

Europe, cela peut néanmoins être utile.

Voici le lien vers la page en question et le graphique commenté:

https://asile.ch/statistique/les-donnees-statistiques/evolution-demandes-dasile/

A bientôt et bravo pour ce travail!

Amitiés,

Sophie coordinatrice / rédactrice en chef asile.ch

Service d’information et de documentation

sur le droit d’asile

!! Nouvelle adresse !!

Rue des Savoises 15

1205 Genève

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Bonjour,

Autre exemple, dans ce rapport nous montrons les liens entre les morts et

violences aux frontières maroco-espagnoles et les événements diplomatiques

entre le Maroc, l’Espagne et l’UE :

https://www.borderforensics.org/fr/enquetes/nadormelilla/

Elsa TYSZLER

Sociologue - chercheuse postdoctorale

Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA)- CNRS

Equipe Genre, Travail, Mobilité (GTM)

https://www.cresppa.cnrs.fr/gtm/equipe/les-membres-du-gtm/tyszler-elsa/

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Bonjour à toutes, tous,

Ma contribution à la discussion va être assez spéculative et je m’en excuse.

Il me semble difficile d’analyser les chiffres des morts indépendamment de

celui des arrivées.

A mon sens, depuis notamment l’expérience de MSF, les natures des

phénomènes affectant mortalité et nombre des départs et arrivées sont

divers :

évidemment)

précédent bien sûr) : déclaration EU-Turquie de 2016, accord Libye /

Tunisie, Haftar / Grèce), diversification des routes (push route Atlantique

avec une mortalité très élevée)

Difficile d’isoler les facteurs il me semble, donc nécessité d’établir des

corrélations multiples, en prenant compte aussi l’évolution des

nationalités - et oui, le nombre des Soudanais s’accroit nécessairement à

la suite du rédémarrage du conflit 2023 alors que les Syriens ont disparu

des 10 nationalités les plus représentées).

Et pour info et les curieuses et curieux, je vous joins le rapport que nous

avons publié il y a quelques mois et qui contient quelques graphs retraçant

arrivées, évolution de la mortalité et interceptions

Rapport Fortress in the sand-final_compressed.pdf

https://www.msf.fr/sites/default/files/2025-10/Rapport%20Fortress%20in%20the%20sand-final_compressed.pdf

Désolé pour les évidences et au plaisir de continuer la discussion,

Michaël michael.neuman@paris.msf.org

https://www.msf.fr/sites/default/files/2025-10/Rapport%20Fortress%20in%20the%20sand-final_compressed.pdf

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