Voilà comment l’exercice de criminalisation des médias complisses fonctionne
(Vite fait)
Nommer les “passeurs” systématiquement comme trafiquants
Solutionner l’affaire des passages par la répression et l’appel à la
délation
Déterminer une forme d inconscience si les personnes tentent leur traversée
sans gilet… sans nommer les circonstances qui les poussent à agir dans la
torpeur
Également en termes d’avis récoltés, les “autorités” paraîtront sur le coup
de par la quantité de citations “en quête d’efficacité” face à qqs phrases
souvent coupées de personnes d’organisations solidaires
On remarquera la normalisation de la collaboration entre la police et
l’agence frontex
Et aucunement les causes directes et indirectes de ces mises en danger
seront évincées…
Ah ça…
———- Forwarded message ———
De : Maël Galisson
Date: mar. 14 avr. 2026
Le Vif. (site web) - Le Vif
Sunday, April 12, 2026
*Knokke, Blankenberge, Le Coq: pourquoi les passeurs
de migrants s’implantent sur la côte belge *
*Depuis janvier 2026, 17 départs ont été recensés depuis le littoral belge
jusqu’au Royaume-Uni. Les réseaux de passeurs se déplacent et remontent la
côte, jusqu’à Knokke, plus au nord. Le politique prône un renforcement des
contrôles, là où les associations demandent la sécurisation des routes de
transit. *
Le 8 avril, *une vingtaine de migrants en détresse ont été secourus au
large du Coq *, ville côtière au nord du littoral belge. “Un drame a été
évité. Leur canot pneumatique était à la dérive, moteur en panne. Ils ont
été secourus par des sauveteurs. Ils ne portaient pas de gilet de
sauvetage. Ça peut s’avérer mortel de traverser la Manche. *Ces situations
sont de plus en plus fréquentes à la côte* “, confie An Berger,
porte-parole de la police fédérale.
Quelques jours plus tôt, un bateau vide de 8,5 mètres de long, équipé d’un
moteur et pourvu de six jerricans remplis d’essence, a été retrouvé sur la
plage de Blankenberge. Le 8 avril, 28
migrants sur le départ attendaient dans les dunes du Zwin
, à Knokke, avec un bateau plié, un moteur et plusieurs gilets de
sauvetage.
Au total, depuis janvier, *17 départs ont déjà été recensés au littoral
belge*. En 2021, on en comptait au maximum deux par an. En quelques mois,
les small boats sont apparus à La Panne, Coxyde, Nieuwpoort et Middelkerke,
avant d’être signalés plus haut sur la côte.
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), questionné à ce sujet,
promeut une logique de fermeture de ces “nouvelles routes” vers le
Royaume-Uni et de renforcement des contrôles: “ *Notre objectif est de
stopper toutes les tentatives de traversée de la *Manche . A la suite des
événements récents, une attention particulière est accordée à la chaîne
d’approvisionnement de small boats sur la côte belge.”
Steve Smith, président de l’association d’aide aux réfugiés Care4Calais
, dénonce “une politique répressive qui ne respecte pas les droits humains.
Si les gouvernements voulaient vraiment sauver des vies en mettant fin aux
traversées périlleuses de la Manche, ils créeraient immédiatement des voies
sûres pour permettre les demandes d’asile au Royaume-Uni. Le fait de ne pas
le faire est un choix politique qui a des conséquences bien réelles. Il
faut lutter contre les passeurs, pas contre les personnes en transit.
*J’appelle
les gouvernements concernés à ne pas se tromper de cible.* La Belgique ne
doit pas commettre les mêmes erreurs que ses voisins. C’est la répression
qui entraîne la mort de ces gens, ou qui met leur vie en danger. *Aucune
politique ne peut stopper complètement la volonté de personnes en détresse
d’accéder à un avenir meilleur, à vouloir se sentir en sécurité.*”
Pourquoi le nord?
Les routes de transit pour le Royaume-Uni se déplacent de plus en plus au
nord de la côte. Ce qui ne signifie pas que ces communes seraient devenues
les points de départ les plus logiques vers la Grande-Bretagne, mais cela
montre plutôt un glissement qui suit les renforcements des contrôles. Les
réseaux de passeurs s’adaptent. Sur la côte française, les patrouilles se
sont renforcées. Sur la côte ouest belge aussi, les services de police ont
multiplié les opérations depuis le début de l’année. Les passeurs cherchent
donc d’autres plages, d’autres dunes, d’autres accès à la mer. Quitte à
rendre la traversée plus longue, plus risquée, plus chère aussi. “Environ
2.000 euros
https://www.reuters.com/world/some-smugglers-shift-belgium-france-move-migrants-into-uk-2026-04-08/”,
selon les associations d’aide sur place. Soit près du double qu’à Calais.
“Plus les prix sont élevés, plus il est impossible pour les migrants de
payer, et plus ils tentent leur chance sur des embarcations rudimentaires.
Or, ce sont des traversées excessivement dangereuses”, constate Mehdi
Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.
Steve Desmet, chef de corps de la police Damme-Knokke-Heist, résume ce
mécanisme en disant qu’” *il est extrêmement facile de déplacer le problème
un peu plus loin*. Les signaux sont assez nouveaux à Knokke-Heist, mais le
phénomène existait déjà ailleurs sur le littoral avant d’atteindre
l’extrême nord-est de la côte. Ce n’est pas un déplacement brusque et
soudain vers Knokke. Il s’est étendu, étape par étape, à mesure que les
points de départ les plus surveillés devenaient plus risqués pour les
réseaux.”
Les services de police et Frontex décrivent aussi une autre méthode, celle
des taxi boats. Le bateau ne part pas toujours avec l’ensemble des
passagers depuis une seule plage. Il peut être mis à l’eau dans une zone
discrète avec un petit groupe, longer ensuite la côte pour récupérer
d’autres personnes à plusieurs endroits, puis prendre la direction du
Royaume-Uni.
Le gouverneur de Flandre-Occidentale, Carl Decaluwé (CD&V), rappelait
dans la presse flamande cette semaine que “le littoral compte environ 400
possibilités de traversée. Des centaines d’endroits où un bateau peut être
amené, gonflé, chargé, puis poussé vers la mer. Les réseaux ne se
contentent pas d’y faire passer des personnes. *Ils y acheminent aussi du
matériel*.”
Renforcement de la coopération UK-BE
Le 12 mars, une opération policière menée à La Panne a réuni les autorités
belges et britanniques. *Bernard Quintin, Anneleen Van Bossuyt (N-VA) et le
ministre britannique de la Sécurité des frontières et de l’Asile, Alex
Norris *, étaient présents. Londres et Bruxelles veulent accélérer
l’échange d’informations et resserrer la coopération opérationnelle contre
les filières de passeurs.
Le Royaume-Uni considère la Belgique comme un partenaire important dans
ce dossier, confirme Bernard Quintin. “Les autorités administratives et
judiciaires concernées échangent des informations quotidiennement, tant
avec la police française qu’avec la police britannique. Il a été convenu
avec les autorités britanniques qu’elles transmettraient les informations
pertinentes concernant les migrants ayant atteint le Royaume-Uni avec les
petites embarcations parties de la côte belge. *Les services de police
locaux sont invités à coopérer avec la France et le Royaume-Uni dans le
cadre légal*.”
Sur le terrain, les zones de police de la côte ouest ont obtenu la
possibilité de mener des contrôles systématiques pour repérer les personnes
qui transportent des migrants, convoient du matériel ou préparent les
départs. Le parquet de Flandre-Occidentale a aussi demandé une présence
policière plus visible sur les routes, dans les dunes et sur les plages.
Carl Decaluwé réclame, de son côté, “ *davantage de caméras, un centre de
traitement spécialisé et des moyens nautiques capables d’intervenir
rapidement à faible profondeur*.”
La priorité et les demandes du gouverneur de Flandre-Occidentale sont
vivement critiquées par plusieurs associations d’aide aux migrants, qui
s’étonnent qu’ *aucun matériel réclamé ne soit destiné au sauvetage de ceux
qui seraient tombés à l’eau*.
La police fédérale, elle, insiste sur le rôle des habitants. Elle demande
de signaler les véhicules lourdement chargés, les moteurs abandonnés dans
les dunes, les jerricans cachés près de la plage ou les groupes se
dirigeant de nuit vers la mer. A Knokke, après la découverte de
28 migrants dans les dunes du Zwin, *la police locale a rappelé que “les
citoyens sont devenus nos yeux et nos oreilles*.”