à 2h de voiture de Bruxelles…
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De : marie via Jungles
Côte d’Opale - 19/02/2026
Utopia 56 espère être écoutée après une année marquée par les intimidations
Après le bilan du préfet du Pas-de-Calais et les députés de la commission
d’enquête parlementaire, c’est au tour des équipes d’Utopia 56 de dresser
le bilan de 2025 sur le plan migratoire. Il y a d’abord les constats qui ne
varient guère : ce sont toujours leurs bénévoles qui doivent informer les
policiers qu’il existe un protocole de prise en charge des réfugiés
naufragés. Ils ont toujours les mêmes griefs : schizophrénie de l’État et
des forces de l’ordre, aussi promptes à les appeler à la rescousse pour
prendre en charge les naufragés qu’à entraver leur action ; recours aux
passages et aux intimidations, avec pour conséquence une prise de risque et
des scènes de panique sur les plages, et un recours aux taxi-boats qui
longent les côtes pour éviter l’interception par la police, mais avec de
fréquents effondrements des planchers de ces embarcations sous le poids de
leurs (trop) nombreux occupants. Et la situation à terre est toujours
insuffisante à leurs yeux : 115 et centres d’accueil et d’études des
situations (CAES) systématiquement saturés, des mineurs isolés sommés de
bâtir un projet de vie en France en cinq jours sous peine d’être refusés
par l’Aide sociale à l’enfance, absence d’accueil de jour ou de maraudes
départementales, pas de foyer à moins de 100 kilomètres…
Des démantèlements, tout le temps
Sur le front des démantèlements, Utopia revendique de petites victoires en
2025 devant le tribunal administratif de Lille : 89 toilettes de chantier
et des douches sécurisées vont être installées près des campements de
Grande-Synthe, Mardyck et Loon-Plage. Mais Utopia n’a pas été entendue sur
l’accès à l’électricité. Et sur le Calaisis, l’année a été marquée par le
démantèlement du squat orange à l’été et du Virval cet hiver. « On a
distribué 1300 tentes et 5000 couvertures et bâches de survie sur le
Calaisis. »
Utopia 56 a tenu sa conférence de presse sur l’année 2025 à la Maison
d’entraide et de ressources du Calaisis, rue de Croy, hier.
Crise migratoire. L’association Utopia 56 a dressé le bilan de situation de
la situation des migrants dans le Calaisis et le Dunkerquois, entre essor
des intimidations des extrême-droite anglaises et françaises, avec l’espoir
d’être entendus par la commission d’enquête parlementaire.
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++ Les touristes racistes
Et puis il y a les changements -rarement pour le mieux. Ce qui les a le
plus marqués, c’est l’offensive médiatique de l’extrême-droite anglaise. « On
a subi les passages à l’acte de l’extrême-droite anglaise, mais aussi, de
façon un peu plus opaque, de l’extrême-droite française. Cela a été un vrai
problème fin 2025. On a vu que les militants anglais se considéraient comme
des policiers, ou plus exactement comme faisant le travail des policiers à
leur place. Il y a eu des agressions contre les réfugiés, contre les
centres d’hébergement, des passages à l’acte ultra-violents. Il y a une
vraie passivité du Royaume-Uni face aux comportements xénophobes et
anti-immigration », estiment les responsables d’Utopia 56, qui indiquent
par ailleurs avoir effectué 22 signalements aux autorités françaises, pour
des militants britanniques de Rise the colors et le chef du parti Ukip,
Nick Tenconi.
« Grâce à ces signalements, une dizaine de militants ont été interdits du
territoire français. Et une enquête est ouverte contre Nick Tenconi, quand
il s’en était pris à des réfugiés et tenté de leur retirer leurs gilets de
sauvetage. Mais ils ont réussi à occuper une place dans les médias et les
réseaux sociaux. », regrettent-ils, déplorant que leur propre contre
discours -les réfugiés qui débarquent en small boat représentent 4 %
seulement des entrées sur le territoire britannique et 0,06 % de la
population du Royaume-Uni, par exemple- reste largement inaudible face aux
matraquage du concept de « submersion » migratoire.
L’accord pilote « n’a pas changé quoi que ce soit »
L’autre grosse nouveauté, c’est la mise en place de l’accord pilote, ou
accord 1 contre 1 entre France et Royaume-Uni. « Il y aurait eu 281
personnes expulsées vers la France, et 350 admises au Royaume-Uni en
retour. Mais c’est très difficile de garder leurs traces ou de faire leur
suivi administratif. Leurs conditions de détention et d’accès au droit sont
très problématiques, on perd complètement le contact. Mais on sait qu’un
grand nombre va retenter la traversée, ce qui est présenté comme
l’ouverture d’une voie légale de passage n’en est pas une. Et aucune
maraude n’a été mise en place sur le littoral sur ce dispositif. L’accord
n’a pas changé quoi que ce soit, puisqu’en 2025 ce sont 41 000 personnes
qui sont passées en Angleterre dans les mêmes conditions risquées et
chaotiques. »
Tout cela, ils comptent bien le répéter devant les députés de la commission
d’enquête sur les conséquences des accords du Touquet, qui doit auditionner
les membres d’Utopia 56 parmi d’autres associations. « On espère que cela
mettra en lumière l’immobilisme et le sous-dimensionnement de la prise en
charge. » Sans non plus croire qu’une commission d’enquête ne pourra être
ni ignorée, ni oubliée : « On a beaucoup d’attentes sur cette commission,
mais on ne s’attend pas non plus à un résultat incroyable… » ◼
42
C’est le
nombre de personnes mortes
sur la frontière
franco-britannique en 2025, dont 26 en mer, d’après Utopia 56. C’est moins
qu’en 2024, qui détient le triste record avec 89 morts dont 78 en mer, mais
Utopia 56 rappelle que ce décompte n’inclut pas les disparus. Ils
soulignent aussi qu’à la mi -février, on comptait déjà deux morts pour 2026.
162
C’est le
nombre d’expulsions constatées
par Utopia 56 en 2025 dans les campements du Calaisis, contre 42 sur les
campements du Dunkerquois. Malgré ces démantèlements répétés, Utopia 56
estime qu’il y a toujours entre 700 à 800 personnes sur les campements du
Dunkerquois l’hiver, et 1500 à 2000 l’été. A Calais, on compterait un
millier de réfugiés sur les campements.
363
C’est le
nombre d’appels de détresse de migrants en mer
reçus par Utopia 56 en 2025, et 766 appels de détresse de gens qui étaient
à terre. Utopia estime avoir mené 433 interventions sur le littoral l’an
passé, alors que la protection civile ne serait intervenue que 108 fois.
Preuve, selon Utopia 56, que ce dispositif est sous-dimensionné.
1 809
-
C’est le
nombre de mineurs étrangers non-accompagnés
rencontrés par Utopia 56 à Calais et Dunkerque, en 2025, dont 146 filles.
La moyenne d’âge est en baisse(14-15 ans en 2025 contre 15-16 ans en 2024).
Utopia estime que seuls 272 de ces mineurs ont effectivement été pris en
charge par l’Aide à l’enfance, qui refuserait de s’occuper de ceux qui
« paraissent » majeurs, selon des critères très subjectifs.
543
C’est,
en millions d’euros
, la facture payée par le gouvernement britannique à la France pour la
sécurisation de la frontière, sur la période 2023-2026. L’accord est en
cours de renégociation entre ministère de l’intérieur français et
britannique, sur la période 2026-2029. Utopia 56 déplore que seulement 1%
du montant sert actuellement aux opérations de secours en mer, le reste
allant essentiellement aux effectifs et équipements des policiers et
gendarmes.
++
Côte d’Opale le 18/02/2026
Lutte contre la crise migratoire : le préfet fait le point
Depuis le début 2025, des policiers nationaux restent près des gares,
notamment la gare routière de Calais, lors des fenêtres favorables aux
passages en bateau.
Sécurité. Lors du bilan sur la délinquance à l’échelle de Calais, le
préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch a dressé le bilan des
opérations en lien avec la crise migratoire.
L imiter, voire annuler les désagréments que présentent les flux
migratoires pour les habitants. » C’est l’objectif des forces de l’ordre et
du préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, sur le front de la crise
migratoire, en particulier dans le Calaisis.
Jeudi 12 février, à l’occasion du bilan de la délinquance à l’échelle de la
Ville, les équipes de la préfecture et de la direction interdépartementale
de la police nationale (DIPN) ont fait un point sur l’année 2025 concernant
la question migratoire. Pour Calais, cette dernière se concentre
principalement sur trois axes : les campements, les transports et la lutte
contre les réseaux de passeurs.
Des démantèlements surveillés par le préfet
À Calais, la présence des exilés en 2025 était principalement autour de
lieux de vie comme l’ancien Cheers, le campement près de la déchetterie
Monod et, plus récemment, le terrain du Virval. En marge de ces lieux de
vie, de nombreuses opérations de police pour des conflits entre communautés
ont eu lieu. D’après la sous-préfète de Calais, Agathe Cury, la situation
semble apaisée à la fin de l’année, notamment avec une baisse du nombre
d’exilés dans le Calaisis et une « meilleure cohérence entre communautés ».
Les démantèlements ont eu aussi un effet, selon les autorités. 28
démantèlements d’ampleur ont eu lieu, selon François-Xavier Lauch, en 2025.
Et 2026 devrait continuer dans la même logique : « Les conditions de vie
dans ces campements sont absolument indignes, souligne le préfet. Je ne
peux pas laisser les gens dans cette situation-là, et deuxièmement ce sont
les endroits où les passeurs agissent. » Depuis son arrivée, le préfet a
supervisé personnellement les deux opérations de démantèlement de la zone
du Virval. Des opérations où, comme régulièrement, des témoignages de faits
de violences de la part des forces de l’ordre sont rapportés par les
migrants eux-mêmes.
Sur cette question, le préfet se montre intraitable : « J’ai tenu moi-même
le briefing des policiers qui étaient mobilisés pour les opérations. Au
cœur de mes propos, il y avait la question de la déontologie. Parce que les
situations de ces personnes-là sont suffisamment complexes et
inhumaines pour qu’on n’en rajoute pas. Je le redis aussi fortement, et
c’est ce que je dis aux policiers : s’il y a des choses qui sont contraires
à la déontologie, il y aura des sanctions. »
14 arrestations de passeurs en 2025
La question migratoire dépasse largement la seule problématique des
campements. Dans les transports, les forces de l’ordre sont régulièrement
déployées dans les gares ainsi qu’aux abords de la gare routière de Calais.
« C’est un point très important pour Madame le Maire, précise
François-Xavier Lauch. On a déployé toute une escouade de réservistes de la
police nationale sur ce sujet-là. »
Outre les opérations sur le terrain, la lutte contre les réseaux de
passeurs se poursuit, que ce soit les livreurs de bateaux, régulièrement
interceptés sur les routes, ou les passeurs en taxi boat. « On en a arrêté
14 l’année dernière. On les suivait jusqu’à ce qu’ils arrivent vers le
départ. Au moment où les migrants tentent de grimper dans le bateau, ces
passeurs redescendent pour rester en France et continuer leur œuvre. C’est
à ce moment qu’on les interpelle. » Conséquence directe : le démantèlement
de six filières en juin 2025 a permis « une chute extrêmement importante »
des départs sur la Côte d’Opale cet été, affirme le préfet.
Côté tentatives de départ, si l’année 2025 a vu plus de 41 000 migrants
rejoindre l’Angleterre en small boat, le préfet souligne que le Calaisis –
et le Pas-de-Calais dans l’ensemble – est bien moins touché que les années
précédentes. « Maintenant les départs se font plutôt sur Dunkerque. Fin
2023, il y avait en gros 77 % des départs qui se faisaient du
Pas-de-Calais. Aujourd’hui, c’est l’inverse. On a un quart dans le
Pas-de-Calais et trois quarts dans le dans le département du Nord. » Les
autorités soulignent les aménagements du territoire, comme les barrières
aux Hemmes de Marck ou les enrochements de la descenderie de Sangatte pour
limiter les départs. Reste à voir l’évolution de la crise des small boats,
car si elle s’est déjà décalée du Calaisis vers le Boulonnais puis le
Dunkerquois, la crainte d’un retour sur les plages du Calaisis est réelle.◼
Côte d’Opale le 18/02/2026
Accords du Touquet : l’insoutenable légèreté du quai d’Orsay
Les trois représentants du ministère de l’Europe et des affaires étrangères
auditionnés à l’assemblée nationale le 12 février. De gauche à droite :
Simon Horrenberger, chef de mission au service Europe 2, Diégo Colas,
directeur des affaires juridiques et Cyrille Baumgartner, ambassadeur
chargé des migrations.
Crise migratoire. La commission d’enquête sur les conséquences des accords
du Touquet a débuté ses auditions, en recevant juristes et diplomates du
quai d’Orsay. S’ils ont pu apporter des renseignements et chiffres
intéressants sur les accords successifs entre France et Royaume-Uni, leur
audition a surtout révélé l’effacement de la diplomatie française.
Il est intéressant de noter comment le sujet migratoire déchaîne les
passions, mais dès qu’il s’agit de rentrer dans le fond du sujet, il n’y a
plus grand monde. Car bien loin des auditions très médiatisées autour de
l’islamisme ou de l’audiovisuel public, la première audition consacrée à la
frontière franco-anglaise et aux conséquences des accords du Touquet n’a
guère attiré commentaires et journalistes -et pas un seul député RN.
Dommage. Car il y avait beaucoup à apprendre de l’audition des diplomates
français, autant dans leurs réponses que dans leurs aveux d’ignorance…
Les diplomates hors de la boucle
Premier constat : la diplomatie française a largement été supplantée par le
ministère de l’Intérieur dans les négociations avec le Royaume-Uni sur la
question migratoire. Les représentants du quai d’Orsay étaient ainsi
incapables de dire quel montant exact les Anglais payaient chaque année
dans le cadre des accords de Sandhurst (2023-2026), à part la vague
estimation « d’une centaine de millions d’euros par an ». Et c’est au
député du Nord (Les Républicains) Jean-Pierre Bataille de préciser le
chiffrage avec les données rendues publiques dans la presse, à savoir un
total de 540 millions d’euros sur trois ans, soit un peu plus de 150
millions d’euros par an. Et de leur propre aveu, les diplomates en savent
encore moins sur l’usage de ces fonds : là aussi, c’est Beauvau qui décide.
Ce qui peut se comprendre, puisque ces fonds sont avant tout utilisés « pour
renforcer le déploiement des forces de l’ordre, et une partie conséquente
pour leur équipement. » Ils sont bien en peine, en conséquence, de dire si
la facture anglaise compense les dépenses françaises, ou non. En revanche,
l’ignorance des diplomates est plus problématique quand Jean-Pierre
Bataille, qui habite Steenvoorde, à deux kilomètres de la frontière belge,
leur demande comment nos voisins ont été capables de diviser leurs flux
d’immigration irrégulière par dix depuis 2019. « On n’a pas d’éléments, il
faudrait demander au ministère de l’Intérieur. »
« Des actions qui ont leur efficacité »
Et puis, quand ils savent, leur exquise courtoisie diplomatique, toute en
langue amidonnée et en optimisme forcé, tranche douloureusement avec le
ressenti des habitants de la Côte d’Opale, sans parler de celui des
migrants eux-mêmes. « On mène un certain nombre d’actions qui ont leur
efficacité. Ce sont des réponses aux situations qui se présentent. » On
appréciera la précision de l’évaluation. La coopération
franco-britannique ? « Très bonne, avec une bonne compréhension mutuelle »
avec « des échanges de bonne pratiques », des « partages d’informations »
et une « grande complémentarité ». D’ailleurs, estiment Diégo Colas et
Cyrille Baumgartner, la succession d’accords successifs de Sangatte,
Touquet, Sandhurst et le dernier en date, dit accord pilote ou « 1 contre
1 », montre qu’ils ont rempli leurs objectifs : les accords du Touquet ont
permis de bloquer le passage par le tunnel sous la manche et le port de
Calais, Sandhurst devait mettre fin aux traversées de small boats, l’accord
pilote doit saper l’espoir des réfugiés de passer clandestinement… Là, la
rapporteure communiste de la commission, Elsa Faucillon, ainsi que sa
collègue non inscrite Stella Dupont, s’insurgent : « Les chiffres des
traversées maritimes et des morts en mer entrent en discordance avec votre
satisfecit », estime la première, quand la seconde dit « comprendre votre
logique, mais lorsqu’on considère les effets globaux de ces accords, on a
du mal à entendre votre terme d’efficacité. » Et les représentants de la
diplomatie française s’empressent de préciser : ils parlaient de
l’efficacité des accords du Touquet à interdire les passages par les trains
ou les ferries. Pour les traversées maritimes, il est en effet trop tôt
pour se réjouir, c’est vraiment le moins qu’on puisse dire…
Alors, on touche au point-clef, par la voix d’Elsa Faucillon : pourquoi la
diplomatie française laisse-t-elle les policiers, sur les deux rives de la
Manche, dicter tempo, priorités en moyens sur la frontière commune ? Parce
que c’est comme ça et que ça serait pire sinon, répond en substance Diégo
Colas, en parvenant laborieusement à retomber sur ses pattes
humanitaires : « On
a un voisin, on a une frontière commune, il faut bien continuer à la gérer
d’une manière à ne pas laisser ces flux importants se mettre en danger.
Vous l’avez dit, un mort en mer c’est déjà un de trop. (…) On ne peut pas
se désintéresser totalement d’un flux comme ça, en les laissant passer en
se disant qu’au moins ils ne sont plus chez nous. » D’aucuns, sur la Côte
d’Opale, jugeraient pourtant l’idée splendide, mais Cyrille Baumgartner
insiste sur les implications diplomatiques d’une telle rupture : « Notre
responsabilité est quand même d‘éviter qu’il y ait des passagers
clandestins dans les ferries et les trains. C’est un travail de police
normal, que les Anglais s’attendent à ce que l’on fasse. (…) Si on arrêtait
du jour au lendemain la coopération avec la Grande-Bretagne, quelle
crédibilité on aurait avec nos partenaires de Schengen et avec les pays de
l’autre côté de la Méditerranée ? »
Et si la frontière revenait à Douvres ?
En conclusion, le président de la commission se met à imaginer à voix haute
ce que donnerait une inversion des règles des accords du Touquet : que se
passerait-il si les contrôles d’admission au Royaume-Uni revenaient à
Douvres et dans les ports britanniques, que les départs depuis les ports
français se faisaient librement, quitte à accepter le retour des arrivants
refoulés par les Britanniques ? Fausse bonne idée, estime Cyrille
Baumgartner : « Si la Grande-Bretagne acceptait de faire le tri à sa
frontière, elle continuerait à refuser les entrées dans leur grande
majorité. Cela continuerait à nourrir les flux de passages irréguliers. »
Bref en absence d’alternative, autant continuer comme avant…◼
Les prochaines auditions sont prévues pour le 19 février, avec la
défenseure des droits et de l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard
Cazeneuve. À noter que la commission a déjà prévu d’entendre l’ancien maire
de Calais Jacky Hénin et Natacha Bouchart, probablement après les
municipales
300 réfugiés « échangés » entre France et Angleterre
L’audition révèle quelques chiffres intéressants, toutefois : selon Simon
Horrenberger, chef de mission au service Europe 2, on a compté en 2025 170
000 entrées irrégulières dans l’Union Européenne, dont 60 000 environ ont
tenté le passage en small boat vers l’Angleterre, et dont 40 000 y sont
parvenus. Un quart des entrées irrégulières en Europe parviennent donc à
atteindre la Grande-Bretagne à terme.
Plus intéressant encore, les premiers résultats du dernier accord pilote,
prévoyant un accès légal et sécurisé en Grande Bretagne contre le renvoi
d’un immigré irrégulier en France. À ce stade, on serait environ à 300
échanges de ce type.
Les retours vers la France se font par avion, d’ailleurs, et les expulsés
sont hébergés dans un CAES du XIX ème arrondissement de Paris, où les
places sont logiquement comptées. Le quai d’Orsay croit savoir que l’on
demande aux Anglais de financer plus de places d’hébergement dignes en
région parisienne, mais là encore, c’est la place Beauvau qui pilote tout…◼