[Jungles] 3 articles nord littoral/ bilans de Utopia, préfet et parlementaires et les "chiffres" des personnes mortes et disparues + le tourisme raciste

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-2-19 11:35

à 2h de voiture de Bruxelles…

———- Forwarded message ———

De : marie via Jungles

https://www.nordlittoral.fr/276953/article/2026-02-18/le-bilan-de-l-annee-2025-calais-par-utopia-56-craintes-face-l-extreme-droite-et

Côte d’Opale - 19/02/2026

Utopia 56 espère être écoutée après une année marquée par les intimidations

Après le bilan du préfet du Pas-de-Calais et les députés de la commission

d’enquête parlementaire, c’est au tour des équipes d’Utopia 56 de dresser

le bilan de 2025 sur le plan migratoire. Il y a d’abord les constats qui ne

varient guère : ce sont toujours leurs bénévoles qui doivent informer les

policiers qu’il existe un protocole de prise en charge des réfugiés

naufragés. Ils ont toujours les mêmes griefs : schizophrénie de l’État et

des forces de l’ordre, aussi promptes à les appeler à la rescousse pour

prendre en charge les naufragés qu’à entraver leur action ; recours aux

passages et aux intimidations, avec pour conséquence une prise de risque et

des scènes de panique sur les plages, et un recours aux taxi-boats qui

longent les côtes pour éviter l’interception par la police, mais avec de

fréquents effondrements des planchers de ces embarcations sous le poids de

leurs (trop) nombreux occupants. Et la situation à terre est toujours

insuffisante à leurs yeux : 115 et centres d’accueil et d’études des

situations (CAES) systématiquement saturés, des mineurs isolés sommés de

bâtir un projet de vie en France en cinq jours sous peine d’être refusés

par l’Aide sociale à l’enfance, absence d’accueil de jour ou de maraudes

départementales, pas de foyer à moins de 100 kilomètres…

Des démantèlements, tout le temps

Sur le front des démantèlements, Utopia revendique de petites victoires en

2025 devant le tribunal administratif de Lille : 89 toilettes de chantier

et des douches sécurisées vont être installées près des campements de

Grande-Synthe, Mardyck et Loon-Plage. Mais Utopia n’a pas été entendue sur

l’accès à l’électricité. Et sur le Calaisis, l’année a été marquée par le

démantèlement du squat orange à l’été et du Virval cet hiver. « On a

distribué 1300 tentes et 5000 couvertures et bâches de survie sur le

Calaisis. »

Utopia 56 a tenu sa conférence de presse sur l’année 2025 à la Maison

d’entraide et de ressources du Calaisis, rue de Croy, hier.

Crise migratoire. L’association Utopia 56 a dressé le bilan de situation de

la situation des migrants dans le Calaisis et le Dunkerquois, entre essor

des intimidations des extrême-droite anglaises et françaises, avec l’espoir

d’être entendus par la commission d’enquête parlementaire.

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++ Les touristes racistes

Et puis il y a les changements -rarement pour le mieux. Ce qui les a le

plus marqués, c’est l’offensive médiatique de l’extrême-droite anglaise. « On

a subi les passages à l’acte de l’extrême-droite anglaise, mais aussi, de

façon un peu plus opaque, de l’extrême-droite française. Cela a été un vrai

problème fin 2025. On a vu que les militants anglais se considéraient comme

des policiers, ou plus exactement comme faisant le travail des policiers à

leur place. Il y a eu des agressions contre les réfugiés, contre les

centres d’hébergement, des passages à l’acte ultra-violents. Il y a une

vraie passivité du Royaume-Uni face aux comportements xénophobes et

anti-immigration », estiment les responsables d’Utopia 56, qui indiquent

par ailleurs avoir effectué 22 signalements aux autorités françaises, pour

des militants britanniques de Rise the colors et le chef du parti Ukip,

Nick Tenconi.

« Grâce à ces signalements, une dizaine de militants ont été interdits du

territoire français. Et une enquête est ouverte contre Nick Tenconi, quand

il s’en était pris à des réfugiés et tenté de leur retirer leurs gilets de

sauvetage. Mais ils ont réussi à occuper une place dans les médias et les

réseaux sociaux. », regrettent-ils, déplorant que leur propre contre

discours -les réfugiés qui débarquent en small boat représentent 4 %

seulement des entrées sur le territoire britannique et 0,06 % de la

population du Royaume-Uni, par exemple- reste largement inaudible face aux

matraquage du concept de « submersion » migratoire.

L’accord pilote « n’a pas changé quoi que ce soit »

L’autre grosse nouveauté, c’est la mise en place de l’accord pilote, ou

accord 1 contre 1 entre France et Royaume-Uni. « Il y aurait eu 281

personnes expulsées vers la France, et 350 admises au Royaume-Uni en

retour. Mais c’est très difficile de garder leurs traces ou de faire leur

suivi administratif. Leurs conditions de détention et d’accès au droit sont

très problématiques, on perd complètement le contact. Mais on sait qu’un

grand nombre va retenter la traversée, ce qui est présenté comme

l’ouverture d’une voie légale de passage n’en est pas une. Et aucune

maraude n’a été mise en place sur le littoral sur ce dispositif. L’accord

n’a pas changé quoi que ce soit, puisqu’en 2025 ce sont 41 000 personnes

qui sont passées en Angleterre dans les mêmes conditions risquées et

chaotiques. »

Tout cela, ils comptent bien le répéter devant les députés de la commission

d’enquête sur les conséquences des accords du Touquet, qui doit auditionner

les membres d’Utopia 56 parmi d’autres associations. « On espère que cela

mettra en lumière l’immobilisme et le sous-dimensionnement de la prise en

charge. » Sans non plus croire qu’une commission d’enquête ne pourra être

ni ignorée, ni oubliée : « On a beaucoup d’attentes sur cette commission,

mais on ne s’attend pas non plus à un résultat incroyable… » ◼

42

C’est le

nombre de personnes mortes

sur la frontière

franco-britannique en 2025, dont 26 en mer, d’après Utopia 56. C’est moins

qu’en 2024, qui détient le triste record avec 89 morts dont 78 en mer, mais

Utopia 56 rappelle que ce décompte n’inclut pas les disparus. Ils

soulignent aussi qu’à la mi -février, on comptait déjà deux morts pour 2026.

162

C’est le

nombre d’expulsions constatées

par Utopia 56 en 2025 dans les campements du Calaisis, contre 42 sur les

campements du Dunkerquois. Malgré ces démantèlements répétés, Utopia 56

estime qu’il y a toujours entre 700 à 800 personnes sur les campements du

Dunkerquois l’hiver, et 1500 à 2000 l’été. A Calais, on compterait un

millier de réfugiés sur les campements.

363

C’est le

nombre d’appels de détresse de migrants en mer

reçus par Utopia 56 en 2025, et 766 appels de détresse de gens qui étaient

à terre. Utopia estime avoir mené 433 interventions sur le littoral l’an

passé, alors que la protection civile ne serait intervenue que 108 fois.

Preuve, selon Utopia 56, que ce dispositif est sous-dimensionné.

1 809

-

C’est le

nombre de mineurs étrangers non-accompagnés

rencontrés par Utopia 56 à Calais et Dunkerque, en 2025, dont 146 filles.

La moyenne d’âge est en baisse(14-15 ans en 2025 contre 15-16 ans en 2024).

Utopia estime que seuls 272 de ces mineurs ont effectivement été pris en

charge par l’Aide à l’enfance, qui refuserait de s’occuper de ceux qui

« paraissent » majeurs, selon des critères très subjectifs.

543

C’est,

en millions d’euros

, la facture payée par le gouvernement britannique à la France pour la

sécurisation de la frontière, sur la période 2023-2026. L’accord est en

cours de renégociation entre ministère de l’intérieur français et

britannique, sur la période 2026-2029. Utopia 56 déplore que seulement 1%

du montant sert actuellement aux opérations de secours en mer, le reste

allant essentiellement aux effectifs et équipements des policiers et

gendarmes.

++

https://www.nordlittoral.fr/276843/article/2026-02-17/lutte-contre-la-crise-migratoire-calais-arrestations-de-passeurs-demantelements

Côte d’Opale le 18/02/2026

Lutte contre la crise migratoire : le préfet fait le point

Depuis le début 2025, des policiers nationaux restent près des gares,

notamment la gare routière de Calais, lors des fenêtres favorables aux

passages en bateau.

Sécurité. Lors du bilan sur la délinquance à l’échelle de Calais, le

préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch a dressé le bilan des

opérations en lien avec la crise migratoire.

L imiter, voire annuler les désagréments que présentent les flux

migratoires pour les habitants. » C’est l’objectif des forces de l’ordre et

du préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, sur le front de la crise

migratoire, en particulier dans le Calaisis.

Jeudi 12 février, à l’occasion du bilan de la délinquance à l’échelle de la

Ville, les équipes de la préfecture et de la direction interdépartementale

de la police nationale (DIPN) ont fait un point sur l’année 2025 concernant

la question migratoire. Pour Calais, cette dernière se concentre

principalement sur trois axes : les campements, les transports et la lutte

contre les réseaux de passeurs.

Des démantèlements surveillés par le préfet

À Calais, la présence des exilés en 2025 était principalement autour de

lieux de vie comme l’ancien Cheers, le campement près de la déchetterie

Monod et, plus récemment, le terrain du Virval. En marge de ces lieux de

vie, de nombreuses opérations de police pour des conflits entre communautés

ont eu lieu. D’après la sous-préfète de Calais, Agathe Cury, la situation

semble apaisée à la fin de l’année, notamment avec une baisse du nombre

d’exilés dans le Calaisis et une « meilleure cohérence entre communautés ».

Les démantèlements ont eu aussi un effet, selon les autorités. 28

démantèlements d’ampleur ont eu lieu, selon François-Xavier Lauch, en 2025.

Et 2026 devrait continuer dans la même logique : « Les conditions de vie

dans ces campements sont absolument indignes, souligne le préfet. Je ne

peux pas laisser les gens dans cette situation-là, et deuxièmement ce sont

les endroits où les passeurs agissent. » Depuis son arrivée, le préfet a

supervisé personnellement les deux opérations de démantèlement de la zone

du Virval. Des opérations où, comme régulièrement, des témoignages de faits

de violences de la part des forces de l’ordre sont rapportés par les

migrants eux-mêmes.

Sur cette question, le préfet se montre intraitable : « J’ai tenu moi-même

le briefing des policiers qui étaient mobilisés pour les opérations. Au

cœur de mes propos, il y avait la question de la déontologie. Parce que les

situations de ces personnes-là sont suffisamment complexes et

inhumaines pour qu’on n’en rajoute pas. Je le redis aussi fortement, et

c’est ce que je dis aux policiers : s’il y a des choses qui sont contraires

à la déontologie, il y aura des sanctions. »

14 arrestations de passeurs en 2025

La question migratoire dépasse largement la seule problématique des

campements. Dans les transports, les forces de l’ordre sont régulièrement

déployées dans les gares ainsi qu’aux abords de la gare routière de Calais.

« C’est un point très important pour Madame le Maire, précise

François-Xavier Lauch. On a déployé toute une escouade de réservistes de la

police nationale sur ce sujet-là. »

Outre les opérations sur le terrain, la lutte contre les réseaux de

passeurs se poursuit, que ce soit les livreurs de bateaux, régulièrement

interceptés sur les routes, ou les passeurs en taxi boat. « On en a arrêté

14 l’année dernière. On les suivait jusqu’à ce qu’ils arrivent vers le

départ. Au moment où les migrants tentent de grimper dans le bateau, ces

passeurs redescendent pour rester en France et continuer leur œuvre. C’est

à ce moment qu’on les interpelle. » Conséquence directe : le démantèlement

de six filières en juin 2025 a permis « une chute extrêmement importante »

des départs sur la Côte d’Opale cet été, affirme le préfet.

Côté tentatives de départ, si l’année 2025 a vu plus de 41 000 migrants

rejoindre l’Angleterre en small boat, le préfet souligne que le Calaisis –

et le Pas-de-Calais dans l’ensemble – est bien moins touché que les années

précédentes. « Maintenant les départs se font plutôt sur Dunkerque. Fin

2023, il y avait en gros 77 % des départs qui se faisaient du

Pas-de-Calais. Aujourd’hui, c’est l’inverse. On a un quart dans le

Pas-de-Calais et trois quarts dans le dans le département du Nord. » Les

autorités soulignent les aménagements du territoire, comme les barrières

aux Hemmes de Marck ou les enrochements de la descenderie de Sangatte pour

limiter les départs. Reste à voir l’évolution de la crise des small boats,

car si elle s’est déjà décalée du Calaisis vers le Boulonnais puis le

Dunkerquois, la crainte d’un retour sur les plages du Calaisis est réelle.◼

https://www.nordlittoral.fr/276875/article/2026-02-18/commission-d-enquete-sur-les-accords-du-touquet-l-insoutenable-legerete-du-quai

Côte d’Opale le 18/02/2026

Accords du Touquet : l’insoutenable légèreté du quai d’Orsay

Les trois représentants du ministère de l’Europe et des affaires étrangères

auditionnés à l’assemblée nationale le 12 février. De gauche à droite :

Simon Horrenberger, chef de mission au service Europe 2, Diégo Colas,

directeur des affaires juridiques et Cyrille Baumgartner, ambassadeur

chargé des migrations.

Crise migratoire. La commission d’enquête sur les conséquences des accords

du Touquet a débuté ses auditions, en recevant juristes et diplomates du

quai d’Orsay. S’ils ont pu apporter des renseignements et chiffres

intéressants sur les accords successifs entre France et Royaume-Uni, leur

audition a surtout révélé l’effacement de la diplomatie française.

Il est intéressant de noter comment le sujet migratoire déchaîne les

passions, mais dès qu’il s’agit de rentrer dans le fond du sujet, il n’y a

plus grand monde. Car bien loin des auditions très médiatisées autour de

l’islamisme ou de l’audiovisuel public, la première audition consacrée à la

frontière franco-anglaise et aux conséquences des accords du Touquet n’a

guère attiré commentaires et journalistes -et pas un seul député RN.

Dommage. Car il y avait beaucoup à apprendre de l’audition des diplomates

français, autant dans leurs réponses que dans leurs aveux d’ignorance…

Les diplomates hors de la boucle

Premier constat : la diplomatie française a largement été supplantée par le

ministère de l’Intérieur dans les négociations avec le Royaume-Uni sur la

question migratoire. Les représentants du quai d’Orsay étaient ainsi

incapables de dire quel montant exact les Anglais payaient chaque année

dans le cadre des accords de Sandhurst (2023-2026), à part la vague

estimation « d’une centaine de millions d’euros par an ». Et c’est au

député du Nord (Les Républicains) Jean-Pierre Bataille de préciser le

chiffrage avec les données rendues publiques dans la presse, à savoir un

total de 540 millions d’euros sur trois ans, soit un peu plus de 150

millions d’euros par an. Et de leur propre aveu, les diplomates en savent

encore moins sur l’usage de ces fonds : là aussi, c’est Beauvau qui décide.

Ce qui peut se comprendre, puisque ces fonds sont avant tout utilisés « pour

renforcer le déploiement des forces de l’ordre, et une partie conséquente

pour leur équipement. » Ils sont bien en peine, en conséquence, de dire si

la facture anglaise compense les dépenses françaises, ou non. En revanche,

l’ignorance des diplomates est plus problématique quand Jean-Pierre

Bataille, qui habite Steenvoorde, à deux kilomètres de la frontière belge,

leur demande comment nos voisins ont été capables de diviser leurs flux

d’immigration irrégulière par dix depuis 2019. « On n’a pas d’éléments, il

faudrait demander au ministère de l’Intérieur. »

« Des actions qui ont leur efficacité »

Et puis, quand ils savent, leur exquise courtoisie diplomatique, toute en

langue amidonnée et en optimisme forcé, tranche douloureusement avec le

ressenti des habitants de la Côte d’Opale, sans parler de celui des

migrants eux-mêmes. « On mène un certain nombre d’actions qui ont leur

efficacité. Ce sont des réponses aux situations qui se présentent. » On

appréciera la précision de l’évaluation. La coopération

franco-britannique ? « Très bonne, avec une bonne compréhension mutuelle »

avec « des échanges de bonne pratiques », des « partages d’informations »

et une « grande complémentarité ». D’ailleurs, estiment Diégo Colas et

Cyrille Baumgartner, la succession d’accords successifs de Sangatte,

Touquet, Sandhurst et le dernier en date, dit accord pilote ou « 1 contre

1 », montre qu’ils ont rempli leurs objectifs : les accords du Touquet ont

permis de bloquer le passage par le tunnel sous la manche et le port de

Calais, Sandhurst devait mettre fin aux traversées de small boats, l’accord

pilote doit saper l’espoir des réfugiés de passer clandestinement… Là, la

rapporteure communiste de la commission, Elsa Faucillon, ainsi que sa

collègue non inscrite Stella Dupont, s’insurgent : « Les chiffres des

traversées maritimes et des morts en mer entrent en discordance avec votre

satisfecit », estime la première, quand la seconde dit « comprendre votre

logique, mais lorsqu’on considère les effets globaux de ces accords, on a

du mal à entendre votre terme d’efficacité. » Et les représentants de la

diplomatie française s’empressent de préciser : ils parlaient de

l’efficacité des accords du Touquet à interdire les passages par les trains

ou les ferries. Pour les traversées maritimes, il est en effet trop tôt

pour se réjouir, c’est vraiment le moins qu’on puisse dire…

Alors, on touche au point-clef, par la voix d’Elsa Faucillon : pourquoi la

diplomatie française laisse-t-elle les policiers, sur les deux rives de la

Manche, dicter tempo, priorités en moyens sur la frontière commune ? Parce

que c’est comme ça et que ça serait pire sinon, répond en substance Diégo

Colas, en parvenant laborieusement à retomber sur ses pattes

humanitaires : « On

a un voisin, on a une frontière commune, il faut bien continuer à la gérer

d’une manière à ne pas laisser ces flux importants se mettre en danger.

Vous l’avez dit, un mort en mer c’est déjà un de trop. (…) On ne peut pas

se désintéresser totalement d’un flux comme ça, en les laissant passer en

se disant qu’au moins ils ne sont plus chez nous. » D’aucuns, sur la Côte

d’Opale, jugeraient pourtant l’idée splendide, mais Cyrille Baumgartner

insiste sur les implications diplomatiques d’une telle rupture : « Notre

responsabilité est quand même d‘éviter qu’il y ait des passagers

clandestins dans les ferries et les trains. C’est un travail de police

normal, que les Anglais s’attendent à ce que l’on fasse. (…) Si on arrêtait

du jour au lendemain la coopération avec la Grande-Bretagne, quelle

crédibilité on aurait avec nos partenaires de Schengen et avec les pays de

l’autre côté de la Méditerranée ? »

Et si la frontière revenait à Douvres ?

En conclusion, le président de la commission se met à imaginer à voix haute

ce que donnerait une inversion des règles des accords du Touquet : que se

passerait-il si les contrôles d’admission au Royaume-Uni revenaient à

Douvres et dans les ports britanniques, que les départs depuis les ports

français se faisaient librement, quitte à accepter le retour des arrivants

refoulés par les Britanniques ? Fausse bonne idée, estime Cyrille

Baumgartner : « Si la Grande-Bretagne acceptait de faire le tri à sa

frontière, elle continuerait à refuser les entrées dans leur grande

majorité. Cela continuerait à nourrir les flux de passages irréguliers. »

Bref en absence d’alternative, autant continuer comme avant…◼

Les prochaines auditions sont prévues pour le 19 février, avec la

défenseure des droits et de l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard

Cazeneuve. À noter que la commission a déjà prévu d’entendre l’ancien maire

de Calais Jacky Hénin et Natacha Bouchart, probablement après les

municipales

300 réfugiés « échangés » entre France et Angleterre

L’audition révèle quelques chiffres intéressants, toutefois : selon Simon

Horrenberger, chef de mission au service Europe 2, on a compté en 2025 170

000 entrées irrégulières dans l’Union Européenne, dont 60 000 environ ont

tenté le passage en small boat vers l’Angleterre, et dont 40 000 y sont

parvenus. Un quart des entrées irrégulières en Europe parviennent donc à

atteindre la Grande-Bretagne à terme.

Plus intéressant encore, les premiers résultats du dernier accord pilote,

prévoyant un accès légal et sécurisé en Grande Bretagne contre le renvoi

d’un immigré irrégulier en France. À ce stade, on serait environ à 300

échanges de ce type.

Les retours vers la France se font par avion, d’ailleurs, et les expulsés

sont hébergés dans un CAES du XIX ème arrondissement de Paris, où les

places sont logiquement comptées. Le quai d’Orsay croit savoir que l’on

demande aux Anglais de financer plus de places d’hébergement dignes en

région parisienne, mais là encore, c’est la place Beauvau qui pilote tout…◼