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De : Maël Galisson
Nord Littoral - Côte d’Opale, mercredi 7 janvier 2026
2025, une année sombre de plus sur la Côte d’Opale pour les migrants
*Crise migratoire. En 2025, plus de 41 000 migrants ont rejoint
l’Angleterre en traversant la Manche. Un bilan catastrophique, que
bénévoles, forces de l’ordre et autorités tirent alors que 2026 s’annonce
similaire.*
“Matin du lundi 5 janvier, sur le sable d’Équihen-Plage. Des dizaines de
migrants sont récupérés frigorifiés. Quatre personnes dont deux mineurs
seront admises en hypothermie sévère à l’hôpital de Boulogne. Scène
dramatiquement habituelle, sur les plages de la Côte d’Opale. Depuis le
début de la crise des small boats en 2018, ces scènes se répètent de
Malo-les-Bains au Touquet en passant par les dunes de Sangatte.
2025 ne fait pas exception. Au cours de l’année dernière, 41 472 migrants
ont rejoint la Grande-Bretagne à bord de 672 embarcations de fortune, selon
les chiffres du ministère de l’Intérieur britannique. Un record, qui bat
les années précédentes, tout près de dépasser le record des traversées de
2022, soit plus de 45 000 migrants.
L’année a été rythmée par les morts. 29 personnes ont trouvé la mort lors
de naufrages, soit en marge d’un départ, soit loin du rivage. Si c’est bien
moins que les 77 décès en 2024, la situation reste pour autant dramatique.
Un bilan alarmant pour Utopia 56
Pour Utopia 56, le constat est alarmant. Régulièrement appelée pour venir
en aide aux exilés lors de tentatives de traversée ratées, l’association
caritative a été contactée à 766 reprises pour aider près de 19 115
personnes, 15 % de plus que l’année précédente. « On vit les années comme
elles viennent, note Victor Meyer, bénévole en 2022 et 2025 à Calais. On se
rend compte que les chiffres ne font qu’augmenter. » À l’image du nombre
moyen de personnes sur les bateaux, qui est passé de 32 en 2022 à 62 en
À cela s’ajoutent des pressions, voire des violences, notamment policières,
en marge des départs de bateaux selon Utopia 56. « L’État continue
d’investir dans le répressif, la militarisation du littoral, alors que la
volonté des gens ne change pas, continue Victor Meyer. Ça ne fait que
pousser les gens plus loin, à affronter des conditions difficiles comme à
Équihen-Plage lundi.»
Bis repetita en 2026
2026 aura été aussi l’année d’un nouvel accord entre le Royaume-Uni et la
France, notamment le plan « one in, one out », qui prévoit d’accepter des
demandes d’asile depuis la France en échange de migrants arrivés par small
boat. « L’intérêt principal de l’accord est de créer un effet dissuasif
pour écarter des routes irrégulières et des passeurs qui les exploitent les
personnes qui veulent rejoindre le Royaume-Uni », indique une source du
ministère de l’Intérieur, tout en précisant qu’il s’agit « d’un projet
expérimental, qui fait l’objet d’une observation minutieuse par des comités
de suivi franco-britanniques.»
Mais sur le terrain, l’effet ne se ressent pas. « C’est comme pour le plan
du Rwanda en 2022, un effet d’annonce, souffle Victor Meyer. Très
rapidement, ils se rendent compte que pour eux ça ne change rien et ils
prennent un bateau. »
De même, la question des interventions sur les bateaux déjà à l’eau pour
les forces de l’ordre, au cœur des négociations entre les deux pays, n’est
appliquée que de manière éparse. « On n’a toujours pas eu de note de
service, réaffirme Marc Alègre. C’est douteux et risqué pour le
fonctionnaire d’intervenir dans l’eau, en plus de risquer la vie des
migrants. Et est-ce que ça fera changer la donne ? Je ne pense pas. »
L’année 2026 commence donc comme la précédente : une situation tendue, et
des drames voués à se produire à nouveau.
Contacté, le ministère de l’Intérieur britannique ne nous a pas répondu.”