[Jungles] 2025, une année sombre de plus sur la Côte d’Opale pour les migrants [Nord littoral, 7.01.2026]

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2026-1-9 17:39

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De : Maël Galisson

https://www.nordlittoral.fr/272853/article/2026-01-06/crise-migratoire-traversees-en-hausse-drames-et-violences-2025-une-annee-sombre

Nord Littoral - Côte d’Opale, mercredi 7 janvier 2026

2025, une année sombre de plus sur la Côte d’Opale pour les migrants

*Crise migratoire. En 2025, plus de 41 000 migrants ont rejoint

l’Angleterre en traversant la Manche. Un bilan catastrophique, que

bénévoles, forces de l’ordre et autorités tirent alors que 2026 s’annonce

similaire.*

“Matin du lundi 5 janvier, sur le sable d’Équihen-Plage. Des dizaines de

migrants sont récupérés frigorifiés. Quatre personnes dont deux mineurs

seront admises en hypothermie sévère à l’hôpital de Boulogne. Scène

dramatiquement habituelle, sur les plages de la Côte d’Opale. Depuis le

début de la crise des small boats en 2018, ces scènes se répètent de

Malo-les-Bains au Touquet en passant par les dunes de Sangatte.

2025 ne fait pas exception. Au cours de l’année dernière, 41 472 migrants

ont rejoint la Grande-Bretagne à bord de 672 embarcations de fortune, selon

les chiffres du ministère de l’Intérieur britannique. Un record, qui bat

les années précédentes, tout près de dépasser le record des traversées de

2022, soit plus de 45 000 migrants.

L’année a été rythmée par les morts. 29 personnes ont trouvé la mort lors

de naufrages, soit en marge d’un départ, soit loin du rivage. Si c’est bien

moins que les 77 décès en 2024, la situation reste pour autant dramatique.

Un bilan alarmant pour Utopia 56

Pour Utopia 56, le constat est alarmant. Régulièrement appelée pour venir

en aide aux exilés lors de tentatives de traversée ratées, l’association

caritative a été contactée à 766 reprises pour aider près de 19 115

personnes, 15 % de plus que l’année précédente. « On vit les années comme

elles viennent, note Victor Meyer, bénévole en 2022 et 2025 à Calais. On se

rend compte que les chiffres ne font qu’augmenter. » À l’image du nombre

moyen de personnes sur les bateaux, qui est passé de 32 en 2022 à 62 en

  1. « Est-ce que ce sera 70 en 2026 ? » , s’interroge le bénévole.

À cela s’ajoutent des pressions, voire des violences, notamment policières,

en marge des départs de bateaux selon Utopia 56. « L’État continue

d’investir dans le répressif, la militarisation du littoral, alors que la

volonté des gens ne change pas, continue Victor Meyer. Ça ne fait que

pousser les gens plus loin, à affronter des conditions difficiles comme à

Équihen-Plage lundi.»

Bis repetita en 2026

2026 aura été aussi l’année d’un nouvel accord entre le Royaume-Uni et la

France, notamment le plan « one in, one out », qui prévoit d’accepter des

demandes d’asile depuis la France en échange de migrants arrivés par small

boat. « L’intérêt principal de l’accord est de créer un effet dissuasif

pour écarter des routes irrégulières et des passeurs qui les exploitent les

personnes qui veulent rejoindre le Royaume-Uni », indique une source du

ministère de l’Intérieur, tout en précisant qu’il s’agit « d’un projet

expérimental, qui fait l’objet d’une observation minutieuse par des comités

de suivi franco-britanniques.»

Mais sur le terrain, l’effet ne se ressent pas. « C’est comme pour le plan

du Rwanda en 2022, un effet d’annonce, souffle Victor Meyer. Très

rapidement, ils se rendent compte que pour eux ça ne change rien et ils

prennent un bateau. »

De même, la question des interventions sur les bateaux déjà à l’eau pour

les forces de l’ordre, au cœur des négociations entre les deux pays, n’est

appliquée que de manière éparse. « On n’a toujours pas eu de note de

service, réaffirme Marc Alègre. C’est douteux et risqué pour le

fonctionnaire d’intervenir dans l’eau, en plus de risquer la vie des

migrants. Et est-ce que ça fera changer la donne ? Je ne pense pas. »

L’année 2026 commence donc comme la précédente : une situation tendue, et

des drames voués à se produire à nouveau.

Contacté, le ministère de l’Intérieur britannique ne nous a pas répondu.”