This is Chapter 5 (pp. 103-116) of the volume Border deaths: Causes,
dynamics and consequences of migration-related mortality, edited by Paolo
Cuttitta and Tamara Last, Amsterdam University Press, 2019.
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Chapter 5
Mourning Missing Migrants: Ambiguous Loss and the Grief of Strangers
Giorgia Mirto, Simon Robins, Karina Horsti, Pamela J. Prickett, Deborah
Ruiz Verduzco1 and Victor Toom2
Abstract: While the term missing refers to various instances and practices,
we focus on the bodies of deceased migrants that remain unidentified, and
on the inability of families to mourn someone
when there is no body to grieve for. We deploy some ethnographic fragments
of how Italian
communities sometimes mourn those who are buried without a name and we
describe the many
problems of mourning someone whose fate is unknown through a discussion of
the notion of
‘ambiguous loss’. Our contribution articulates some of the politics around
deaths in migration by
considering how missing migrants and their bodies are mourned in
multiplicity.
Keywords: commemoration, memorial, politics, Mediterranean, implications of
missing persons, lost
*‘In case my son is dead, I’d like to bury him here and, at least, I’ll be
fixed and I’d have a*
*place where I pray. Even bones, I’ll bury them. The cemetery is in front
of my house. Everymorning, I wake up in front of it. I recite the Fatiha, I
do this daily. I don’t have any hostilitytowards death. At least, if he’s
brought back to me, I’d look through the window to see his*
grave and I’d say that he’s there’ (Ben Attia 2016: 17).
Funerals are solemn occasions where both personal and social meanings are
constructed about the position of the dead person in family and society.
They are rituals where mourning is organized in a formalized way, and where
someone’s body, her past life and her family are at the centre of
attention. They represent a significant moment, a marker of a transition,
where one can see that a
body is without life; it is cold, does not breathe, and descends into the
soil or moves into flame,
silent and still. Such rituals accompany bereavement and facilitate
mourning. Psychologists define
the mourning of someone who is interred or cremated and to whom farewells
can be said as
‘uncomplicated bereavement’ (DSM-5 2013). A funeral with a body is in
contrast to mourning
someone without one. In the absence of a body, mourning becomes extremely
difficult if not
impossible (Boss 2004; Wagner 2008; Rosenblatt 2015; Perl 2016).
(…)
Résumé : Si le terme « disparu » recouvre diverses situations et pratiques,
nous nous concentrons ici sur les corps de migrants décédés non identifiés
et sur l’impossibilité pour les familles de faire leur deuil en l’absence
de corps. Nous présentons des fragments ethnographiques illustrant comment
les communautés italiennes font parfois le deuil des personnes enterrées
sans nom et décrivons les nombreuses difficultés liées au deuil d’une
personne dont le sort est inconnu à travers une discussion sur la notion de
« perte ambiguë ». Notre contribution met en lumière certains enjeux
politiques liés aux décès dans le contexte migratoire en examinant la
multiplicité des formes de deuil infligées aux migrants disparus et à leurs
corps.
Mots-clés : commémoration, mémorial, politique, Méditerranée, implications
des personnes disparues, disparu
« Si mon fils venait à mourir, j’aimerais l’enterrer ici et, au moins, je
trouverais la paix et j’aurais un
lieu où prier. Même ses ossements, je les enterrerais. Le cimetière est en
face de chez moi. Chaque matin, je me réveille devant. Je récite la Fatiha,
je le fais tous les jours. » Je n’éprouve aucune hostilité envers la mort.
Du moins, s’il me revenait, je regarderais par la fenêtre pour voir sa
tombe et je dirais qu’il est là » (Ben Attia 2016 : 17).
Les funérailles sont des occasions solennelles où se construisent des
significations personnelles et sociales autour de la place du défunt au
sein de sa famille et de la société. Ce sont des rituels où le deuil est
organisé de manière formalisée et où le corps, la vie passée et la famille
sont au centre de l’attention. Elles représentent un moment significatif,
un jalon de transition, où l’on constate que le corps est sans vie ; il est
froid, ne respire plus et descend dans la terre ou se consume dans les
flammes, silencieux et immobile. Ces rituels accompagnent le deuil et
facilitent le processus de deuil. Les psychologues définissent le deuil
d’une personne inhumée ou incinérée et à qui l’on peut dire adieu comme un
« deuil simple » (DSM-5 2013). Des funérailles avec un corps contrastent
avec le deuil d’une personne sans corps. En l’absence de corps, le deuil
devient extrêmement difficile, voire impossible (Boss 2004 ; Wagner 2008 ;
Rosenblatt 2015 ; Perl 2016).
(…)
La suite dans l’article en anglais.
Le livre dont est turé ce chapitre est disponible en pdf gratuitement sur
internet:
Border Deaths - Edited by Paolo Cuttitta and Tamara Last
Causes, Dynamics and Consequences of Migration-related Mortality