Ce que rafler veut dire...

miladyrenoirmiladyrenoir
2026-1-4 12:35

** Ce que rafler veut dire **

par Emmanuel Blanchard 19 juin 2025

Sacro-sainte lorsqu’il s’agit de défendre des caricatures ou des pamphlets

islamophobes, la liberté d’expression perd tout son charme dès qu’il s’agit

d’exprimer le refus des violences policières, la critique de la mythologie

du Français « de souche » ou le soutien aux sans-papiers : Gérard Chevrot,

Valérie Martinez, Yves Ribault et trois autres citoyen-ne-s français-e-s

comparaissaient il y a près de quinze ans, le 10 juin 2010, au tribunal de

grande instance de Pau pour « outrage à (…)

> https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire

ce que rafler veut dire - Chasse aux migrants et police du langage

*par *Emmanuel Blanchard https://lmsi.net/_Emmanuel-Blanchard_

*Sacro-sainte lorsqu’il s’agit de défendre des caricatures

https://lmsi.net/Censure-droit-au-blaspheme-et ou des pamphlets

https://lmsi.net/La-faute-a-Voltaire islamophobes, la liberté

d’expression perd tout son charme dès qu’il s’agit d’exprimer le refus des

violences policières https://lmsi.net/Insecurite-sous-la-plume-d-un, la

critique de la mythologie du Français « de souche »

https://lmsi.net/Petite-lecon-de-francais-d-une ou le soutien aux

sans-papiers : Gérard Chevrot, Valérie Martinez, Yves Ribault et trois

autres citoyen-ne-s français-e-s comparaissaient il y a près de quinze ans,

le 10 juin 2010, au tribunal de grande instance de Pau pour « outrage à

personne dépositaire de l’autorité », suite à une plainte du préfet

Philippe Rey, pour avoir simplement adressé à la Préfecture des

Pyrénées-Atlantique des mails de protestation contre les arrestations,

détentions et expulsions de sans-papiers en employant le mot « rafle » ou

les noms propres « Vichy » et « Papon » [1

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb1]. En réaction à cette

nouvelle tentative de criminalisation du mouvement social et de la

solidarité, et en soutien aux incupé-e-s, nous avions publié un texte

d’Emmanuel Blanchard consacré à ce fameux « mot interdit » : rafle. Nous le

re-publions aujourd’hui à l’heure où Bruno Retailleau relance, plus furieux

que jamais, une abjecte politique de la rafle

https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/18/bruno-retailleau-annonce-le-deploiement-de-4-000-membres-des-forces-de-l-ordre-pour-le-controle-de-migrants-aux-frontieres-dans-les-gares-et-les-bus_6614250_3224.html.*

Si, d’une période à une autre, les populations principalement visées par

les contrôles policiers ont évolué en fonction des préoccupations du

moment, les techniques policières, elles, n’ont guère changé et le mot «

rafle » n’a jamais cessé d’être employé. Renoncer à l’utiliser

reviendrait à entourer de silence des pratiques répressives qui ont

traversé les décennies et ont toujours visé les groupes les plus fragiles

politiquement et socialement.

La sortie du film Welcome, le 11 mars 2009, a relancé le débat sur

le « *délit

de solidarité* ». Dans un premier temps, elle a donné lieu à une vive

polémique entre, d’un côté, le réalisateur et l’acteur principal (Philippe

Lioret et Vincent Lindon) et, de l’autre, le ministre de l’immigration, de

l’intégration et de l’identité nationale (Éric Besson). Depuis quelques

semaines, ce dernier s’en prend violemment aux associations de défense des

droits des étrangers qui arguent que les faits décrits dans le film ne sont

ni un « mythe », ni simplement une fiction : il a notamment mis en cause

à plusieurs reprises la « crédibilité » du Gisti, sans que ces propos

diffamatoires ne soient étayés.

Dans ses attaques, Éric Besson a accusé les promoteurs du film et, plus

généralement, les soutiens des étrangers en situation irrégulière de donner

à leurs actions de solidarité une dimension et un lustre aussi illégitimes

que scandaleux, par le recours à des parallèles historiques avec la Seconde

Guerre mondiale. En se focalisant plus spécialement sur les modes d’action

policiers, en particulier la technique de la « rafle », il s’agit de

montrer comment le ministre de l’immigration a cherché à faire scandale en

désignant à la vindicte médiatique des militants présentés comme ne

respectant pas la mémoire des victimes des persécutions de la Seconde

Guerre mondiale.

Surtout, il faut rappeler ici que les dispositifs policiers de contrôles et

d’arrestations massifs de populations vulnérables et stigmatisées, connus

sous la dénomination de « * rafles* », s’ancrent dans une histoire de la

modernisation de l’institution et des techniques de police qu’il convient

de faire remonter au moins à la seconde moitié du XIXe siècle.

« *Suggérer que la police française, c’est la police de Vichy, que les

Afghans sont traqués, qu’ils sont l’objet de rafles, etc., c’est

insupportable* », s’offusquait, en mars dernier, Éric Besson, en réponse à

une interview de Philippe Lioret. Quelques jours plus tard, il ajoutait : « *Le

vocabulaire qui est issu de la Deuxième Guerre mondiale, “traque”, “rafle”,

assimilation aux Juifs en 43, est un vocabulaire grave, inacceptable et

que, selon moi, on ne devrait jamais utiliser dans le débat politique [2

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb2] * ». Si tant le film que

certains propos de son réalisateur esquissaient des comparaisons avec la

situation des Juifs sous Vichy, ils le faisaient pourtant avec une grande

prudence : ils ne suggéraient ni l’identité, ni même le parallèle des

situations. Seuls étaient pointés certains mécanismes répressifs appelant

un sursaut moral : « *Je ne mets pas en parallèle la traque des Juifs et la

Shoah avec les persécutions dont sont victimes les migrants du Calaisis et

les bénévoles qui tentent de leur venir en aide, mais les mécanismes

répressifs qui y ressemblent étrangement ainsi que les comportements

d’hommes et de femmes face à cette répression [3

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb3].* »

Éric Besson et la police du langage

La colère et les leçons lexicales d’Éric Besson ne visaient pas à rétablir

une vérité historique malmenée par la fiction et les prises de position

militantes. Elles participaient d’un mouvement plus large de police du

langage qui consiste, pour les pouvoirs publics, à assigner devant les

tribunaux les artistes et les militants qui auraient des velléités de

replacer les « bavures » policières dans un contexte chronologique élargi

à certaines des périodes dites sombres de l’histoire française.

C’est ainsi que le groupe de rap La Rumeur fait l’objet d’un véritable

harcèlement judiciaire de la part du ministère de l’intérieur et du

ministère public : après trois relaxes devant les juridictions compétentes,

la Cour de cassation va se pencher une seconde fois (en juillet 2007, elle

avait cassé une précédente décision de la cour d’appel de Paris) sur le cas

du leader du groupe, Hamé. Ce dernier est accusé d’avoir diffamé, dans un

fanzine, la police nationale en qualifiant d’« assassins » certains de

ses agents, en particulier dans une référence implicite au massacre du 17

octobre 1961.

Quelques mois après la relaxe provisoire des militants du collectif de

soutien aux sans-papiers de Rennes accusés d’avoir diffamé les agents de la

police de l’air et des frontières (Paf) [4

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb4], la décision de la Cour de

cassation sera d’une grande portée pour la liberté de parole des militants.

À plusieurs reprises, des membres du Réseau Éducation sans frontières

(RESF) ou d’autres organisations ont en effet été menacés d’être poursuivis

pour avoir, dans des tracts, qualifié de « rafles » les arrestations

massives d’étrangers diligentées par les autorités préfectorales.

Jusqu’ici, par crainte d’être déboutées devant les tribunaux, les autorités

n’ont pas mis ces menaces à exécution.

L’exemple pourrait cependant venir d’en haut : affublé, à l’image de son

prédécesseur, du titre de « ministre de la rafle et du drapeau » par les

militants du RESF, Éric Besson a récemment confié à une journaliste de

Libération qu’il avait envisagé de poursuivre pour diffamation les

principaux animateurs du réseau [5

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb5]. Si le ministre se sent

diffamé, c’est notamment parce qu’il s’entête à voir dans l’utilisation du

terme « rafle » une forme de révisionnisme historique consistant à minorer

la réalité de la persécution des Juifs sous l’Occupation. Il étend même ce

jugement fallacieux à des termes aussi peu connotés historiquement que

celui de « traque » : « *La traque, la délation, et tout le vocabulaire

qu’on voit fleurir, il est extrêmement daté, c’est l’extermination des

Juifs et des Tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale et vous ne devriez

pas mêler les genres * [6 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb6]. »

Les militants des droits des étrangers sont pourtant bien moins que le

ministre obsédés par la période des « * années noires* ». Certes, ces

dernières sont parfois une ressource argumentative utilisée pour susciter

l’indignation de l’auditoire ou du lectorat. Les parallèles historiques

sont cependant de plus en plus utilisés avec précaution [7

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb7], afin d’éviter les

amalgames et une « concurrence des victimes » forcément réductrice de la

réalité des persécutions subies par les uns et les autres. Surtout, le plus

souvent, les partisans de la cause des étrangers sans papiers font

référence à des « procédés », des « techniques », telles les rafles,

sans forcément les ancrer dans une période historique [8

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb8].

Il suffit d’ailleurs de fréquenter les listes de diffusion militantes pour

vérifier que, si l’usage du terme est extrêmement courant, il n’est

absolument pas polémique. Il vise certes à alerter au sujet d’opérations en

cours ou à venir. Mais, le plus souvent, il sert simplement à décrire des

interventions policières répondant à la définition, connue depuis au moins

1829, d’« *arrestations massives opérées à l’improviste par la police dans

un lieu suspect* ». Cette explication tirée du Petit Robert laisse pendante

la question du caractère « improviste » de l’action, en fait souvent

organisée bien en amont des arrestations. Les militants qui les dénoncent

ont cependant bien compris que le rendement des rafles dépend d’un effet de

surprise.

Dans sa brièveté et son caractère descriptif, la définition citée cidessus

permet en tout cas de mieux comprendre pourquoi de nombreuses organisations

ont depuis quelques années fait force usage du terme de « rafle ». Ce

phénomène renvoie avant tout au processus de transformation de tout

étranger en suspect susceptible d’alimenter la machine à expulsion. Il

marque donc la diffusion et l’extension d’une technique policière, et non

une hypothétique radicalisation militante [9

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb9].

Petite histoire de la police des « indésirables »

Au milieu du XIXe siècle, à un moment où la police parisienne se

réorganisait, les agents de la préfecture de police furent de plus en plus

impliqués dans la normalisation d’espaces publics principalement dédiés à

la circulation des hommes et des marchandises [10

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb10]. Au cours des décennies

suivantes, dans les quartiers populaires, les habitudes de vie dans la rue

et les résistances à l’ordre imposé par les sergents de ville étaient

cependant telles que ces derniers étaient parfois contraints d’intervenir

en grand nombre pour s’imposer au moins provisoirement.

Quand ils s’attaquaient à des populations décrites comme « * indésirables* »

– par exemple les prostituées, les enfants mendiants ou les vagabonds –,

leur tâche était facilitée car ils ne rencontraient alors généralement

guère d’opposition. Les arrestations et conduites au poste de prostituées

ou de femmes considérées comme telles donnèrent cependant lieu à de

nombreux abus et violences. Ces opérations s’effectuaient d’ailleurs

parfois sous les lazzis de la foule. À partir des années 1880, elles furent

même l’objet de virulentes campagnes de presse contre la préfecture de

police et le réglementarisme prostitutionnel [11

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb11].

Les contemporains désignaient ces opérations de « nettoiement » de

l’espace public par les termes de « battues », « razzias » ou «

l’internement administratif des personnes arrêtées, soit dans les «

*hôpitaux-prisons * » pour les prostituées (par exemple l’hôpital

Saint-Lazare), soit dans les anciens dépôts de mendicité (telle la maison

départementale de Nanterre ouverte en 1887) pour les « clochards ».

Dans l’entre-deux-guerres, la généralisation des techniques

d’identification et de la « * mise en carte* » des étrangers constitua ces

derniers en une des principales « * clientèles* » policières visées par les

rafles. Dans les années 1930, les « rondes-battues » et autres rafles

furent utilisées afin d’alimenter les expulsions massives d’étrangers «

indésirables » [12 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb12]. Les

mêmes procédés furent observés à grande échelle pendant la guerre d’Algérie

quand, à période régulière, des quartiers entiers furent « bouclés » afin

d’alimenter les « refoulements », en particulier quand les bateaux au

départ de Marseille n’étaient pas remplis.

Si, d’une période à une autre, les populations principalement visées ont

évolué en fonction des préoccupations politiques du moment, les techniques

policières n’ont, elles, guère changé. Elles délimitent ce qu’on peut

appeler un répertoire d’action de la rafle. On peut ainsi énumérer les

principales techniques et pratiques qui le définissent : un investissement

massif de quartiers populaires par des agents en tenue, des contrôles

d’identité sur des individus désignés par leur apparence et leur

indésirabilité politique et sociale, préalables à un enfermement sans

décision judiciaire, voire à un éloignement selon des modalités

administratives ou extra-légales.

À l’époque contemporaine, les « opérations de sécurisation » et les

contrôles d’identité massifs diligentés à l’initiative de procureurs de la

République ou dans le cadre du plan Vigipirate afin de « faire du chiffre »

en matière d’expulsion et de créer un climat de peur parmi les étrangers en

situation irrégulière entrent donc pleinement dans ce répertoire d’action

de la rafle. Cette déclinaison présente d’un dispositif vieux de près d’un

siècle et demi vise une population fragilisée par les politiques et

discours actuels. Depuis le milieu du XIXe siècle, ce répertoire d’action a

périodiquement gagné en envergure et en intensité à chaque fois que le

pouvoir politique n’a eu que des réponses policières et communicationnelles

à opposer aux problèmes sociaux qu’il ne savait, ou ne souhaitait, résoudre.

Les continuités observées dans la mise en oeuvre de pratiques

professionnelles s’accompagnent cependant de moments de basculement. Ainsi,

pendant la Seconde Guerre mondiale, la collaboration policière fut sans

aucun doute la plus dramatique de ces ruptures : l’internement

administratif préexistait à ces années mais, dans le cas des Juifs, il

servit à alimenter la politique d’extermination mise en oeuvre par les

autorités allemandes. Les 16 et 17 juillet 1942, l’opération « *vent

printanier* » se traduisit, dans la seule région parisienne, par

l’arrestation de 13 000 Juifs, d’abord internés dans le 15e arrondissement,

au vélodrome d’Hiver, puis au camp de Drancy, avant d’être transférés vers

les camps d’extermination. La technique policière utilisée à l’été 1942 ne

ressortit pas à proprement parler au répertoire d’action de la rafle. Il

s’agit en fait d’arrestations à domicile opérées grâce à la constitution

préalable d’un fichier. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que cette

opération de police, semblable à nulle autre dans l’histoire de la France

contemporaine, fut universellement connue sous le nom de « *rafle du Vél

d’Hiv* » [13 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb13].

Le mot « rafle » n’avait lui jamais cessé d’être employé : les préfets de

police de l’après-guerre (Charles Luizet puis Roger Léonard) en faisaient

même un usage abondant quand il s’agissait de chasser de l’espace public

les prostituées, les vagabonds ou les Algériens, alors nombreux à n’avoir

d’autre lieu de vie que les rues parisiennes. Le Mrap de l’époque ne se

privait d’ailleurs pas de dénoncer les « arrestations au faciès » et de

faire des parallèles avec les « rafles » perpétrées sous l’Occupation [14

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb14].

On peut d’ailleurs observer que c’est à la fin de la guerre d’Algérie,

quand ces rafles se multiplièrent et firent l’objet de dénonciations

virulentes, qu’elles disparurent du vocabulaire policier. Cette évolution

lexicale fut notamment opérée sous l’action du préfet Papon, en poste entre

1958 et 1967 : adepte de la technique de la rafle, il veilla à ce qu’elle

ne soit pas ternie par l’emploi d’un mot qui, de plus en plus, était

utilisé dans une perspective dénonciatrice [15

https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nb15].

Un « sale boulot »

Si les techniques policières de la rafle et de l’arrestation sur fiches à

domicile sont distinctes, elles entretiennent cependant certains rapports.

Quand les premières ne suffisent plus à alimenter la machine à exclure et

éventuellement expulser, la seconde prend le relais : c’est sous la

pression de la politique des quotas d’expulsions que la traque aux

sanspapiers a généré la multiplication des rafles et la réapparition des

arrestations à domicile de personnes sous le coup d’une obligation de

quitter le territoire français.

En participant à ces tâches qui ont eu pour conséquence la mort de

plusieurs personnes, décédées en tentant de fuir un domicile dans lequel

elles se croyaient protégées des opérations policières, nombre d’agents ont

l’impression d’accomplir un « sale boulot ». Si ces arrestations sur

fiches ne se sont pas multipliées autant que le souhaitaient les pouvoirs

publics, ce n’est cependant pas en raison des résistances policières. La

principale explication réside plutôt dans le fait que des groupes militants

ont dénoncé avec force les techniques employées.

Il convient donc de ne pas abdiquer devant les usages falsifiés de

l’histoire et les rodomontades d’Éric Besson : le terme rafle est non

seulement dénonciateur mais également analytique et descriptif. Renoncer à

l’utiliser reviendrait à entourer de silence des techniques policières qui

ont traversé les décennies et ont toujours visé les groupes les plus

fragiles politiquement et socialement. Or, ce ciblage est justement

effectué dans l’espoir que les victimes restent sans voix face à un

dispositif qui se déploie aux confins du droit et prend de l’ampleur tant

qu’il ne rencontre pas d’oppositions politiques. Si désigner les rafles

n’empêche pas forcément qu’elles soient effectuées, il est évident que,

pour le pouvoir actuel, disqualifier l’usage du mot est surtout une manière

de favoriser la perpétration de ce mode d’action inique.

p.-s. Cet article est paru dans le numéro 81 de la revue Plein droit

(publication

du GISTI http://www.gisti.org/), juillet 2009. « La police et les

étrangers (1) ».

notes

[1 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh1] Le mail de Gérard

Chevrot disait plus exactement : *« Faut faire le chiffre quand on a de

l’ambition. Comme Papon et ses chefs en d’autres temps ? »*. Celui d’Yves

Ribault disait : *« En d’autres temps, d’autres fonctionnaires zélés ont

obéi ainsi aveuglément, sans états d’âme… C’était à Vichy ! »*. Celui de

Valérie Martinez demandait que « cesse le scandale des rafles ».

[2 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh2] Voir notamment « Welcome,

le film qui voudrait mettre fin à l’article 622-1

http://ecrannoir.fr/blog/blog/tag/eric-besson/ ».

[3 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh3] Lettre ouverte de

Philippe Lioret à Éric Besson, publiée in Le Monde, 11 mars 2009.

[4 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh4] Le procureur de la

République a fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Rennes.

Voir « Les pratiques de la PAF sur la sellette », Plein droit, n° 80, mars

2009 http://www.gisti.org/spip.php?article1405.

[5 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh5]

http://immigration.blogs.liberation.fr

[6 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh6] Sur les ondes de France

Inter

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=78365, le

8 avril 2009, en réponse à une adresse de Bernard Guetta dans laquelle

nulle référence n’était faite à la période des années 1930-1940.

[7 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh7] Emmanuel Terray, «

1942-2006 :

réflexions sur un parallèle historique contesté

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1810 ».

[8 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh8] « Après un nouveau

drame, E. Terray, J.-P. Dubois et Laurent Giovannoni reviennent sur le mot

“rafle” http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2279 ».

[9 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh9] Communiqué de la Cimade,

« Cela s’appelle une rafle !!!

http://www.cimade.org/regions/languedoc-roussillon/nouvelles/325-Cela-s%E2%80%94appelle-une-RAFLE

»,

25 octobre 2007.

[10 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh10] Quentin Deluermoz,

« Circulations et élaborations d’un mode d’action policier : la police en

tenue à Paris, d’une police “londonienne” au “modèle parisien” », *Revue

d’histoire des sciences humaines*, n° 19, 2008.

[11 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh11] Jean-Marc Berlière, *La

Police des moeurs sous la IIIe République*, Paris, Seuil, 1992.

[12 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh12] Clifford

Rosenberg, *Policing

Paris. The Origins of Modern Immigration Control between the Wars*, Ithaca,

Cornell University Press, 2006.

[13 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh13] Claude Levy, Paul

Tillard, La Grande Rafle du Vél d’Hiv, Robert Laffont, 1967.

[14 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh14] Jim House,* Antiracism

and Antiracist Discourse in France from 1900 to the Present Day*, Ph. D,

University of Leeds, 1997.

[15 https://lmsi.net/Ce-que-rafler-veut-dire#nh15] Emmanuel Blanchard,

Encadrer des « citoyens diminués ». La police des Algériens en région

parisienne (1944-1962), thèse d’histoire, université de Bourgogne, 2008.