lexique fasciste - rengaine de dénoncer mais “on lâche rien”
“ça se passe près de chez “nous”
après le “zéro point de fixation” validant les traques et les rafles…
“l’abcès de…”
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De : Maël Galisson mael.galisson@gmail.com
Un article à ne pas lire au sortir du p’tit dèj’ au risque d’avoir des
nausées devant tant d’arrogance et de mépris raciste de ce nouveau préfet,
qui reprend les propos de Collomb parlant des campements d’exilé·es comme
des “abcès de fixation”…
Définition : un abcès est une accumulation locale de pus dans un tissu.
” Nord Littoral - Côte d’Opale, mercredi 24 décembre 2025
*Francois-Xavier Lauch, nouveau préfet du Pas-de-Calais : « La lutte contre
l’immigration illégale est nécessaire »*
*Nommé suite à la mutation précipitée de son prédécesseur Laurent Touvet,
le nouveau préfet du Pas-de-Calais, François Xavier Lauch, 44 ans, a pris
ses fonctions le 22 décembre. Le soir même, il s’est rendu à Calais, à la
rencontre des policiers chargés de la lutte contre l’immigration
irrégulière.*
«Les policiers sont parfois critiqués sur des questions de déontologie. Je
m’assurerai qu’elle est respectée, mais je serai aussi intraitable avec les
critiques qui sont portées à mauvais escient.»
L’État reste, les visages changent. Il y eut d’abord Fabienne Buccio, le
visage en imperméable kaki du démantèlement de la Jungle. Puis Fabien
Sudry, le gestionnaire des lendemains qui (dé)chantent et de
l’éparpillement des migrants sur tout le littoral. Son successeur, Louis Le
Franc, qui vit prendre une ampleur spectaculaire au phénomène des
traversées maritimes, qui culminèrent sous son successeur Jacques Billant.
L’avant-dernier, Laurent Touvet, n’aura pas eu le temps de s’attribuer le
mérite de la relative baisse du nombre de migrant(e)s morts en mer, avec
son séjour météoritique à Arras de six mois. Son successeur François-Xavier
Lauch attribue instinctivement ce résultat aux efforts des forces de
secours et à la météo. Dans le Var et dans l’Hérault, où il a fait ses
armes de préfet, il s’est acquis une réputation de dur, jamais la main qui
tremble au moment d’ordonner de raser un bidonville, de ratisser des points
de deal ou d’interdire une manifestation.
L’école disruptive
Il ne déteste pas jouer de cette image de jeune garde « disruptive », comme
on disait en Macronie quand il faisait ses classes de 2017 à 2020 comme
chef de cabinet du président de la République : « Je suis un préfet de
nouvelle génération : quand on me dit décentralisation, c’est
décentralisation. Si on décentralise, l’État ne s’en occupe plus, alors !
Il faut arrêter avec les demi-mesures. »
Cette sortie sur la décentralisation résume bien son rapport aux élus, en
particulier les maires. S’il vante d’un côté les immenses mérites « du
couple maire-préfet » et ne tarit pas d’éloges sur son premier contact avec
le président du conseil départemental, il affirme d’emblée qu’il n’est pas
le père Noël et qu’il ne s’en laissera pas conter. Les maires du littoral
réclament un centre d’hébergement unique pour les demandeurs de droit
d’asile, de préférence assez éloigné de la Côte d’Opale ? « Je vous ai déjà
dit ce que je pense des abcès de fixation. » Natacha Bouchart ne manquera
pas de lui réclamer plus de moyens, humains et financiers, contre
l’immigration irrégulière à Calais ? « Je connais un peu la maire de
Calais. Je n’ignore pas non plus ce qu’on a fait pour Calais, et j’estime
que la situation s’est améliorée, même s’il n’y a pas de solution miracle…
» Comprendre : je sais aussi combien l’État a reversé pour dédommager la
Cité des Six Bourgeois des années « Jungle » et barrages sur la rocade… Les
syndicats policiers et certains élus déplorent que la lutte contre
l’immigration irrégulière accapare les effectifs et détourne police et
gendarmerie de leur cœur de métier, la sécurité du quotidien ? « C’est une
bonne question, on verra quand je présenterai les chiffres de la
délinquance dans le Département, fin janvier. Mais je ne suis pas sûr que
ce lien soit avéré, et je vois bien l’exploitation politique qui peut en
être faite. »
Écouter n’est pas céder
On commence à saisir le style du nouveau préfet : il veut bien être gentil,
ouvert et diplomate de prime à bord, mais il n’est pas venu ici pour céder
à tout. Il se souvient ainsi très bien d’avoir fait partie, en tant que
directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, d’une réunion à Calais avec les
associations d’aide aux migrants, reconnues par l’État ou non, au moment de
déterminer les modalités des distributions de repas. Utopia 56, l’auberge
des migrants, Human Rights Observers et leurs rapports et plaintes sur les
brutalités policières et les carences de l’aide humanitaire, il les attend,
et pas forcément pour leur passer la pommade : « On dépense quand même 20
millions d’euros chaque année pour les douches, les repas, les solutions
d’hébergement. Après, libre à chacun de porter plainte contre les services
de l’État. Moi, je veux juste pouvoir me regarder dans la glace en me
disant que j’ai fait le maximum. Mais ces associations sont libres de venir
m’exposer leurs griefs. »
Première visite à Calais en tant que préfet
Parmi ces griefs, il sait qu’il y a les accusations de violences
policières, sur les plages et dans les campements : « Je vais dès ce soir
voir les policiers à Calais, et leur dire qu’ils sont exemplaires. Je sais
qu’ils sont parfois critiqués sur des questions de déontologie. Je
m’assurerai qu’elle soit respectée, mais je serai aussi intraitable avec
les critiques qui leur sont portées à mauvais escient. » Toujours ces
variations sur le thème du « en même temps », main de fer dans un de
velours, soutien inconditionnel aux forces de l’ordre… Les années passées
dans l’état de grâce du macronisme triomphant de 2017 et à la place
Beauvau, par la suite, semblent avoir été structurantes chez ce nouveau
préfet.
Mais il sait aussi botter en touche, quand on sort de son champ d’expertise
ou quand il n’a pas envie de répondre. Ainsi, quand on essaye de
l’entraîner sur les relations franco-anglaises, ou les réflexions au sujet
de l’interception des small-boats et taxi-boats en mer… « Avec la
Grande-Bretagne, il y a des discussions en cours, mais ce n’est pas moi qui
les mène ! Sur l’interception des taxi-boats en mer, c’est du ressort de la
préfecture maritime. S’il faut trouver de nouvelles méthodes, on les
trouvera. » Il explique d’ailleurs que la situation sur la Côte d’Opale est
en miroir de ce qu’il a connu sur la frontière italienne : « J’ai passé
deux ans sur la frontière franco-italienne, la situation était inversée par
rapport à ici. Je retiens de cette expérience que la solution n’est pas
dans l’opposition entre pays, mais dans la coopération. » En matière de
coopération, le nouveau préfet compte-t-il prendre des mesures contre le
tourisme de militants xénophobes venus d’Angleterre pour se substituer à la
police française et harceler les migrants sur les plages et les campements,
comme on l’a vu encore récemment zone Marcel Doret à Calais ou à
Grand-Fort-Philippe ? Moue pensive, réponse de juriste : « On verra si on
arrive à constater des infractions et à constituer des moyens d’action. »
Les services de l’État sont en marche…”