À Ras Asfour, des migrant-e-s meurent de froid
Par Salaheddine Lemaizi https://enass.ma/author/s-lemaizi/
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https://enass.ma/category/migrations/14 décembre 2025
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[image: Ras ousfoir]
*Douze migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne ont trouvé la
mort de froid et de faim dans des vallées glaciales de Ras Asfour,
(province de Jerada, à l’est du Maroc), non loin de la frontière avec
l’Algérie. Ils ont été enterrés dans des tombes sans nom.*
Ce nouveau drame migratoire est terrifiant. Des centaines de citoyens de
Jerada ont accompagné les funérailles de huit ressortissants d’Afrique
subsaharienne, morts de froid et de faim dans des vallées glaciales près de
Jerada. Une dizaine de migrants perdent ainsi la vie dans des conditions
tragiques similaires.
La frontière Algérie–Maroc, un danger de mort[image: Ras ousfoir2]Funérailles
de huit ressortissants d’Afrique subsaharienne à Jerada.
Selon les données de l’Association marocaine des droits humains (AMDH),
section d’Oujda, la découverte de ces corps a été effectuée par les
autorités entre le 3 et le 12 décembre dernier dans cette zone
semi-désertique, connue pour ses températures extrêmement basses. Parmi les
douze migrants décédés, les autorités ont recensé deux femmes.
*« La région est connue pour sa géographie difficile, son isolement et son
froid intense durant cette saison »,* rappelle l’AMDH Oujda. Ras Asfour est
l’un des points d’entrée des migrants en situation irrégulière depuis
l’Algérie vers le Maroc.
Au cours des trois dernières années, plus de 28 corps sans vie de migrants
originaires de pays d’Afrique subsaharienne ont été découverts, auxquels
s’ajoutent des migrants venus du Bangladesh et du Pakistan.
*« Dans la zone frontalière de Ras Asfour et Rabban, on enregistre chaque
année, durant les mois de décembre et janvier, une augmentation du nombre
de victimes de la migration, avec la découverte de nombreux corps non
identifiés de migrants originaires d’Afrique subsaharienne près de la
frontière avec l’Algérie », *regrette l’Association d’aide aux migrants en
situation vulnérable (AMSV), par la voix de son président, Hassane Ammari.
AMSV : « Dans la zone frontalière de Ras Asfour et Rabban, on enregistre
chaque année, durant les mois de décembre et janvier, une hausse du nombre
de victimes de la migration. »
Dans un rapport publié par le réseau EuroMed Droits en 2015, ce collectif
associatif alertait contre la “militarisation de la frontière entre le
Maroc et l’Algérie dans son rapport intitulé: *“Loin des regards, un danger
menace les migrants et les réfugiés entre l’Algérie et le Maroc”.*
[image: Ras ousfoir &]Mohamed Dahak de l’AMSV (deuxième à gauche) en
déplacement à Jerada avec des représentants de communautés subsahariennes.
L’association a précisé qu’au cours des trois dernières années, plus de 28
corps sans vie de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été
retrouvés, en plus de migrants venus du Bangladesh et du Pakistan. Selon
l’AMSV, le nombre de corps de victimes de la migration irrégulière
découverts depuis 2017 à ce jour dans la région de Ras Asfour et Rabban,
adjacente à la frontière maroco-algérienne, dépasse 76 migrants qui ont
retrouvé la mort.
*AMDH : « Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de ces
tragédies migratoires. Ces morts sont les victimes de la violation du droit
à la liberté de circulation, pourtant garanti par les conventions
nationales et internationales ».*
D’après les données recueillies par l’AMSV, *« les causes mises en évidence
par les autopsies sont la rudesse du milieu naturel et le froid intense,
notamment la nuit, lorsque les températures descendent jusqu’à cinq degrés
en dessous de zéro »*, poursuit la même source. À l’issue des autopsies
réalisées à Jerada, les autorités judiciaires ont autorisé l’inhumation de
six corps de migrants non identifiés. L’AMSV évoque des migrants
originaires du Nigeria, du Cameroun et de la Guinée-Conakry.
[image: Ras ousfoir 3]Huit migrants ont été enterrés. Quatre autres sont en
cours d’identification de la part de leurs familles ou proches.
Le 12 décembre dernier, l’enterrement de huit migrants s’est déroulé lors
de funérailles publiques. *« La région est connue pour son esprit de
solidarité et d’entraide. Les habitants ont participé spontanément à
l’enterrement et ont contribué à offrir un dernier adieu digne à ces
personnes étrangères »,* salue l’AMDH Oujda.
Selon la même source associative, le parquet local a accepté la demande de
la section de l’Oriental visant à autoriser des proches de l’un des défunts
à procéder à l’identification du corps, dans l’espoir de le reconnaître. La
démarche est toujours en cours.
*« Nous sommes extrêmement inquiets face à la recrudescence de ces
tragédies migratoires. Ces morts sont les victimes de la violation du droit
à la liberté de circulation, pourtant garanti par les conventions
nationales et internationales », *conclut l’AMDH Oujda.